Cahiers d'ARRI : N° 7

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SOMMAIRE

EDITORIAL par Jean-Michel FAUVE. Le lire ci-dessous

EUROPE

Turquie-Europe : la passion contre la raison Claude GABOREAU
Un Français dans l’armée écossaise par Jean WAHL

AFRIQUE

Du livre noir du colonialisme au livre blanc du colonisateur Serge JACQUEMOND

DOSSIER

Développement durable Marcel BOITEUX

ASIE

Asie - Europe, un rapprochement possible Remi PERELMAN

AMERIQUE

Le monde, les États-Unis, la France Jacques LARCHET

VIE DE L’ASSOCIATION

Qui sommes-nous aujourd’hui ? Jean Michel FAUVE
La convention 2003 d’ARRI à Versailles

LU POUR VOUS Jacques BOURDILLON

La fausse menace (Yves Stalla-Bourdillon)
Bas les voiles (Chahdortt Djavann)
Autres lectures proposées

 

 

 


EDITORIAL

Nous avons la chance d’accueillir en ce début d’année nos amis d’AFEUR : Association Française d’Etudes pour l’Union Européenne. J’espère qu’ils vont trouver chez nous de nouvelles possibilités d’action et de réflexion pour « une meilleure intelligence du monde ». De notre côté, ne doutons pas qu’ils vont nous apporter de quoi avoir « une meilleure intelligence de l’Europe » !

Cette fusion ARRI-AFEUR intervient à l’aube d’une année cruciale pour l’Europe qui va s’élargir à vingt-cinq et se doter - peut-être - d’une constitution dont le projet, pour l’instant, ne fait pas l’objet d’un consensus. Dans l’hypothèse heureuse où les chefs de gouvernement finiraient par s’entendre, il resterait au Président de la République à décider, pour la France, du mode de ratification : référendum ou congrès à Versailles.

Pour les uns il n’est pas concevable d’envisager que les citoyens n’aient pas le dernier mot sur une question d’aussi grande importance, ne serait-ce que pour conférer une légitimité indiscutable à la constitution … adoptée.
Pour les autres il n’est pas convenable de proposer à des citoyens de répondre par oui ou par non à un projet de constitution par définition complexe. Le parlement réuni en congrès est l’enceinte appropriée au débat, à l’explication des votes et à l’expression des oppositions.

A la vérité cette dernière conception va à l’encontre de la tradition constitutionnelle de la Vème République : quelle serait en France, sur une question de cette nature, la légitimité d’une adoption par voie parlementaire ? Tout un chacun y verrait la crainte d’un rejet du projet constitutionnel par les citoyens, autrement dit le cynique dessein de contourner la volonté populaire. On ne voit que trop les contestations qui se feraient jour après coup.

Et pourtant, on ne peut nier qu’il y a un décalage entre la représentation politique et l’opinion publique sur l’Europe et que celui-ci fasse courir un vrai risque au projet européen. Comment d’ailleurs s’en étonner ? Depuis plusieurs années, les gouvernements successifs reportent sur Bruxelles la responsabilité de tous les désagréments et tous les maux dont nous souffrons !

C’est pourquoi je pense qu’il n’y a pas une minute à perdre : les responsables politiques de tous bords doivent mettre de côté leurs querelles politiciennes, leurs ambitions personnelles, leurs tentations démagogiques et convenir ensemble que l’Europe doit être mise, dans les mois à venir, hors du champ des joutes habituelles. Il serait même sage que des hommes appartenant à des sensibilités différentes présentent un point de vue commun ou voisin sur un projet qui n’a pas d’équivalent dans l’Histoire et dont l’enjeu dépasse évidemment les clivages traditionnels.

ARRI, maintenant renforcée par l’expertise et la détermination européennes des membres de l’AFEUR, se devait d’apporter sa contribution. C’est notamment pour aller dans ce sens que nous organisons le 3 février prochain, à l’ENA-Observatoire le colloque : « La constitution : une chance pour l’Europe ».


Jean Michel Fauve