Cahiers d'ARRI : N° 6

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SOMMAIRE

EDITORIAL Xavier PANON : Pour de nouvelles Nations-Unies. Le lire ci-dessous

EUROPE

La Convention : un sursaut de dernière minute Robert Toulemon

DANS LE RESTE DU MONDE

La Corée, un peuple, deux pays ... François TOUSSAINT

La fracture ivoirienne : Serge Jacquemond - Président d’Amitié Réalité d’Outre-Mer (AROM)

L’Argentine, un nouveau défi ou une nouvelle opportunité? Fernando PONASSO

Rencontre à Auschwitz : Jean MOUTTAPA

EDITORIAL

Pour de nouvelles Nations Unies

Où que l’on porte son regard, le paysage international offre le spectacle d’un magma d’où jaillissent des crises que l’on dirait imprévisibles depuis la chute du Mur en 1989. Guerres ethniques, génocides, massacres, conflits de tous ordres, sans oublier bien entendu ces agressions fondamentalistes qui polarisent l’attention, la destruction des tours de New York ayant constitué une sorte d’effroyable apogée perdue aux confins d’une sorte d’anarcho mysticisme et de rejet de la modernité technico scientifique. En relevant ce dernier défi, celui du terrorisme, les Etats-Unis de Georges W.Bush se sont lancés dans une croisade sur un mode génétiquement unilatéral qui revient à marginaliser tous les instruments de concertation multilatérale, à commencer par l’ONU.

A cette déstabilisation d’une communauté internationale déjà fragile, s’ajoutent les réactions en chaîne de cette marche forcée vers l’avenir radieux de la démocratie à l’occidentale, qui suscite plutôt un regain de haine envers l’Hyperpuissance. On le voit en Afghanistan, en Irak, au Proche Orient, en Asie. Mis en demeure de partager cette vision du monde, l’autre partie du monde occidental, ainsi que d’autres continents, donc d’autres cultures, sans sous- estimer la menace terroriste et celles des armes de destruction massive, jugent prioritaires d’autres menaces, la pauvreté, le sida, ou une vision purement mercantile des échanges.

C’est ainsi que, sous des formes différentes, la critique d’une certaine « mondialisation » vient alimenter les forces centrifuges et le désordre mondial. Les uns se demandent en quoi la modernité deviendrait plus humaine grâce à la technologie et, puisque celle-ci ne vise qu’à engager le monde dans une course de vitesse pour gagner du temps, à quelles fins gagne-t-on ce temps ? Et, paradoxalement, questionne Constantin von Barloewen dans « Anthropologie de la mondialisation », d’où viennent la vitalité, la joie de vivre de ces Etats et de ces cultures des zones économiques marginales où règne la résignation financière ? D’autres, tel le Président du Sénégal rappellent, à propos de l’OMC, qu’il ne serait pas contraire à la raison de partir des économies concrètes et des volontés légitimes des Etats.

De partout donc, individus et Etats, monte l’aspiration à la reconnaissance, seule façon de parvenir un jour à la synthèse entre identité culturelle propre, multiplicité des cultures et modernité. Et de reconstruire les Nations Unies, de les réformer pour, selon le mot d’Hubert Védrine, parvenir à un « compromis » avec l’Empire.

Xavier PANON
Membre du bureau de l’Association de la Presse diplomatique à Paris