L’Europe en lambeaux ou l’échec de l’intergouvernemental

 

Dans le Monde des 2- 3 février, Laurent Zecchini dénonce la méthode détestable qu’ont utilisée les Huit pour affirmer une position non concertée avec leurs partenaires. Le divorce à propos de l’Irak démontre une fois de plus l’impossibilité de bâtir dans la continuité une politique étrangère et de défense commune par la seule coopération entre Etats, sans obligations ni sanctions et sans le support de ce qu’il est convenu d’appeler la méthode communautaire. Ce n’est pas du jour au lendemain que l’Europe pourra jouer le rôle qui devrait être le sien sur la scène mondiale.

Pensons au temps qu’il a fallu pour parvenir à l’unité monétaire. Raison de plus pour commencer en confiant àdéterminant les domaines dans lesquels l’Europe devrait s’exprimer d’une seule voix en fonction de décisions adoptées à la majorité sur proposition d’un mandataire commun, suivant la formule qui a démontré son efficacité en matière commerciale. De même les progrès vers la défense commune demeureront illusoires tant que l’Union ne disposera pas d’un budget affecté au financement des programmes d’armement et d’une Agence chargée de procéder aux achats. Sachons tirer les leçons de l’affaire irakienne comme celles de l’achat des avions américains par la Pologne. Tous les Etats membres actuels ou futurs ne sont pas prêts à aller aussi loin. Il appartient à la Convention de permettre à ceux qui y sont disposés de montrer le chemin sûrs d’être un jour rejoints s’ils persévèrent et réussissent.