OBSERVATOIRE DES MEDIAS ETRANGERS
Septembre 2003

UN GROUPE DE 10 MEMBRES D’ARRI SE PARTAGE LA LECTURE DE GRANDS JOURNAUX ET PERIODIQUES ETRANGERS (NEWSWEEK, THE ECONOMIST, LES IZVSTIA, DIE WELT, CORRIERE DELLA SERRA, EL PAIS, AFRICA INTERNATIONAL …ET D’AUTRES SUIVANT L’ACTUALITE) POUR DEGAGER UN PANORAMA MENSUEL DES ARTICLES DONNANT UNE IMPRESSION DE L’OPINION ETRANGERE SUR LES REALITES INTERNATIONALES. IL NE S’AGIT QUE DE TRADUCTIONS, SANS PRISE DE POSITION NI INTERPRETATION DE ARRI.

CET "’OBSERVATOIRE DE MEDIAS ETRANGERS" ET CEUX DES MOIS PRECEDENTS, SONT CONSULTABLES SUR CE SITE (rubrique "INTERNATIONAL" ).

DANS L’ACTUALITE DE CE MOIS DE SEPTEMBRE 20O3

- BURUNDI, ERYTHREE, CONGO, … : DES DIRIGEANTS TRES CONTESTES (AFRIQUE ASIE)
- LE MULTILATERALISME FERA-T-IL LES FRAIS DE L’ECHEC DE CANCUN ? (THE ECONOMIST, INT.HERALD
TRIBUNE, EL PAIS, A B C)
- L’AMERIQUE LATINE ET CENTRALE, QUE DE DIFFICULTES … (LA JORNADA, VANGUARDIA)
- L’UNIVERSITE AUX ETATS UNIS … C’EST L’AMERIQUE ! (NEWSWEEK INTERNATIONAL )
- UNION EUROPEENNE : LE "PACTE" MALMENE (SÜDDEUTSCHE ZEITUNG, A B C)
- IRAK : LA "PAX AMERICANA", AVEC OU SANS L’ONU ? ( NEWSWEEK INTERNATIONAL, LA JORNADA,
SÜDDEUTSCHE ZEITUNG)

- LES BREVES EUROPE - (INT.HERALD TRIBUNE, LES IZVESTIA, DIE WELT)

- MOYEN ORIENT - (NEWSWEEK INTERNATIONAL, SÜDDEUTSCH ZEITUNG)
- LE "MELI-MELO" - (EL PAIS, NEWSWEEK INTERNATIONAL, LA JORNADA, NEZAVISSIMAIA GAZETA,
- LES IZVESTIA, INT HERALD TRIBUNE, AFRIQUE ASIE)

BURUNDI, ERYTHREE, CONGO … : DES DIRIGEANTS TRES CONTESTES


AFRIQUE ASIE - Mensuel édité à Paris / journalistes résidents en Afrique (septembre 2003)

BURUNDI : La diagonale infernale (extraits - F. Laloupo)

Alors que l’on voulait croire le pays engagé dans un processus irréversible de réconciliation, les combats qui, à partir du 7 juillet, ont opposé les Forces Nationales de Libération à l’armée ont rappelé Bujumbura à la dure réalité d’une guerre à l’issue de plus en plus incertaine.

« … … Quelques jours plus tôt, alors que je me trouvais à Bujumbura, rien , dans l’apparente douceur de la vie quotidienne, ne laissait deviner une explosion de cette ampleur. Partout, on parlait du processus de réconciliation, du secours aux réfugiés, de la réinsertion des déplacés. Mystère d’un Burundi déroutant, où je m’interdis de distinguer un Tutsi d’un Hutu. Et pourtant, cette réalité est omniprésente et aucune forme de discipline ni d’élégance de l’esprit n’y résiste. Ainsi, alors que Bujumbura tremble à nouveau sous les bombes, le décor se révèle crûment, aussi automatique qu’absurde, d’une opposition entre Hutus et Tutsi.

… … Pourquoi cette vaste offensive des "Forces Nationales de Libération" (FNL) – avec quelques 2 500 hommes - bien plus déterminée que celles menées jusqu’ici contre la capitale ? d’abord, "pour engager des pourparlers directs avec les responsables tutsis" afin de revoir la copie de la répartition du pouvoir, en prenant en compte d’une manière plus juste "les intérêts des opprimés, les Hutus" ... … Par ailleurs, Pasteur Habimana avertit : "Si nous ne pouvons pas prendre la capitale, nous pouvons amener nos ennemis à des concessions et nous allons dorénavant porter la guerre sur Bujumbura jusqu’à ce que nos frères tutsis acceptent de négocier directement avec nous".

… … Dix ans de guerre civile et près de quatre cent mille morts plus tard, les ambitions têtues, les haines tenaces et les calculs criminogènes des uns et des autres s’entrechoquent et s’affrontent dans un interminable tunnel, où on ne discerne plus la moindre lueur d’un projet politique, voire d’un motif idéologique, s’inspirant du souci d’un mieux-être collectif. … … Pouvoir, opposition, mouvements armés… tous, à des degrés divers, ont perdu la confiance de la majorité des Burundais. Cette perte d’estime à l’égard de la classe politique risque d’hypothéquer sévèrement les efforts actuellement déployés par toutes les bonnes volontés pour sortir le Burundi du cercle du feu. »

ERYTHREE : Catastrophe à l’horizon (extraits – Mamo Zéléké)

Le chef de la guérilla qui a mené le pays à l’indépendance, Asaias Afeworki, n’a pas rempli son contrat : devenu un véritable dictateur, il conduit son pays au désastre économique et conclut des alliances contre nature. Le destin de ce régime, considéré comme l’allié de l’Amérique, est semble-t-il privé d ‘avenir.

« … … Rejetant toute opposition, il a mis en prison onze de ses plus proches camarades et fait arrêter dix-huit journalistes, il a persécuté des religieux, envoyé des étudiants protestataires en camp de travail, s’est lancé dans des conflits armés avec le Soudan et le Yemen, a autorisé Israël à construire une base militaire sur les îles Dahlak, a tourné le dos aux pays arabes qui l’avaient soutenu dans sa lutte pour l’indépendance, etc…
… … En fait l’importance stratégique de l’Erythrée tient au fait qu’il a une longue côte sur la mer Rouge et que les îles Dahlak sont considérées comme une base idéale pour le renseignement. Israël soutient Isaias, considérant que son départ rendrait possible l’émergence d’un régime lié aux pays arabes, qui pourrait faire de la mer Rouge une mer arabe. C’est donc faute de mieux que l’Amérique et Israël soutiennent Isaias, non pas pour ce qu’il fait, mais pour ce que d’autres pourraient faire s’il n’était pas au pouvoir. … … »

CONGO (Brazzaville) : Festins dangereux ( extraits - F. Laloupo)

Les mauvais comportements de nombre de responsables apparaissent au fil du temps comme la norme au sein d’un régime dont les discours masquent de plus en plus difficilement les dérives de ses représentants

«… … Comme si rien n’avait changé dans un pays qui a connu la guerre, la majorité des responsables se comportent en vainqueurs de la guerre, avec une inconscience consommée, en avivant dangereusement, un peu plus chaque jour, les frustrations du plus grand nombre.
Toutes ces malversations se font au grand jour, au vu et au su de tous. En toute impunité. Comme si, à y voir de près, le gouvernement du Congo se fondait sur une règle non écrite : le partage de prébendes et de territoires de privilèges entre les élus au banquet de la République, ceux-là mêmes que le discours officiel présente comme investis du devoir d’assurer avant tout le bien-être du bon peuple. Un peuple réduit au rôle de spectateur des fastes, de l’arrogance et des excès provocateurs des gens du pouvoir et des cercles associés.
On était fondé à espérer un surcroît de vertu de la part de ce pouvoir chargé de libérer un pays du souvenir de la guerre. Comme si la tragédie n’avait jamais eu lieu, les responsables actuels ne cessent d’accumuler les signaux négatifs, reproduisant parfois jusqu’à la caricature les travers qu’ils ont autrefois reprochés, à juste titre, à leurs prédécesseurs. Au point de renforcer les arguments de ces Congolais de l’extérieur qui continuent de rejeter toute forme de reconnaissance de ce pouvoir. … … »


LE MULTILATERALISME FERA-T-IL LES FRAIS DE L’ECHEC DE CANCUN ?


THE ECONOMIST (20 / 26 septembre)

Les défenseurs des pauvres du monde applaudissent l’échec des négociations (résumé de l’éditorial)

L’OMC attaquée. Pourquoi les négociations échouèrent et à qui la faute ?

"Victoire pour le peuple" proclama un activiste "globophobe", dont l’enthousiasme fut partagé par des amis du tiers monde et même par de nombreux gouvernants de pays pauvres… quelle scandaleuse absurdité ! le Ministre du commerce du Bangladesh en pleurait presque.

Les conséquences de l’échec - Le cycle de Doha, entamé en novembre 2000, avait pour objectif principal d’aider les pays pauvres en abaissant les barrières douanières, notamment pour l’agriculture. Avec le cycle de Doha en
lambeaux, s’éloigne le jour où les pays riches renonceront à leurs scandaleuses subventions agricoles et où les pays pauvres pourront vendre leur textile aux pays riches.
Aggravant cette situation, l’échec de Cancun risque de frapper mortellement le système de commerce multilatéral qui, depuis 1947, a facilité une prospérité globale.
Enfin, l’OMC, avec ses 148 pays membres, est le seul forum mondial permettant aux pays pauvres de s’exprimer et de peser sur les décisions car celles-ci exigent un consensus c’est à dire l’unanimité, pour être adoptées.

Les causes de l’échec – L’échec est d’autant plus absurde que la réunion de Cancun avait des objectifs, peu ambitieux, limités à une évaluation à mi-parcours.

Les responsabilités de son échec sont équitablement partagées entre des délégations trop intransigeantes, manquant de sang froid et des meneurs irresponsables et enflammés d’ONG.

Pour l’agriculture, les concessions des pays riches furent insuffisantes et la paralysie des négociateurs des Etats Unis, provoquée par la crainte de leurs 25 000 planteurs de coton, eut un effet déplorable. L’Union Européenne fut aveuglée par la pression de ses agriculteurs et paralysée par la lourdeur des procédures de ses prises de décision.

Les pays pauvres portent aussi leur part de responsabilité dans l’échec. Quelques pays émergents disposaient de négociateurs compétents et infatigables, notamment "le Groupe des 21". D’autres pays, notamment d’Afrique, ne parvenaient pas à dépasser leur posture radicale et la rhétorique anti-riche prit le pas sur la recherche d’un accord.

Les ONG, en force à Cancun, méritent un sérieux blâme pour cette radicalisation qui éleva les espoirs des pays pauvres à des niveaux irréalistes : "criez fort et longtemps pour réussir". Ce fut une grave erreur.

Finalement l’OMC a une lourde responsabilité à cause de ses procédures médiévales de prise de décisions. L’unanimité est y requise, mais sans procédure pour y mener ses 148 membres. La formation de sous-groupes est honnie, par ceux qui en sont exclus, comme non transparente et le cabotinage y sévit.

L’avenir – Quelques pays gardent l’espoir, ceux du "Groupe des 21" par exemple : Le "Kennedy Round" prévu pour durer 3 ans n’en a-t-il pas duré 8 ? Mais le danger le plus grave est représenté par la concurrence sans précédent d’accords bilatéraux et d’accords régionaux, qui seront très désavantageux pour les pays les plus pauvres et les plus faibles.
C’est là que se place la tragédie de Cancun.

INT. HERALD TRIBUNE (16 septembre 2003)

La campagne présidentielle américaine est considérée comme l’une des causes majeures de l’impasse sur le dossier des aides à l’agriculture (résumé - Elisabeth Becker)

Aux Etats Unis les Etats "agricoles" ont voté massivement pour élire George W.Bush en 2000. Depuis, l’industrie agro-alimentaire, qui profite des prix bas du maïs, du soja et des autres cultures subventionnées par les contribuables, a effectué un virage spectaculaire en faveur du parti républicain … et contribue désormais d’une manière très appréciée à son financement.

EL PAIS (14 septembre 2003)

Déception à Cancun (extraits)

« … … L’agriculture est la principale source de revenus dans la majorité des pays en voie de développement … … Le maintien du dispositif protectionniste des pays riches, entre autres des subventions aux exportations générant des excédents qui inondent le marché, limitent les possibilités de développement des nations pauvres.
Curieuse coïncidence, ce domaine est le seul pour lequel les Etats Unis et l’Union Européenne sont pleinement d’accord, bien qu’ils perdent ainsi tout soupçon de leadership moral… …En face d’eux, la grande nouveauté de Cancun a été le nouveau "G 23", dirigé par les plus avancés des pays en voie de développement, la Chine, le Brésil et l’Inde, un groupe musclé mais qui laisse dans une position encore plus compromise les pays plus pauvres qui dépendent dans une large mesure d’accords préférentiels avec les riches. … … »

A B C (1 septembre 2003)

O M C : Tous nous perdons (extraits)

« Seuls l’ignorance et le manichéisme peuvent expliquer la conduite de ceux qui célèbrent l’échec de la réunion de l’O M C à Cancun. La globalisation est une réalité quotidienne, imparable, et il est aussi absurde de la dénoncer que de l’encenser en elle-même. Un arbitre du commerce mondial est indispensable et l’O M C, quelles que soient ses imperfections, a au moins la vertu d’être une institution multilatérale, avec des règles communes et un mécanisme de résolution des contentieux qui – il convient de le souligner – n’a pas hésité en plusieurs occasions
à condamner la plus grande puissance de la planète, Les Etats Unis.

Le commentaire du responsable du Commerce américain, Robert Zoellick, selon lequel son pays se repliera sur ses accords bilatéraux est une mauvaise nouvelle pour ceux qui s’efforcent d’intégrer l’unique superpuissance du monde dans les institutions et accords internationaux.

… … Les méthodes, les propositions et les équilibres de pouvoir entre blocs se discutent. On peut discuter, par exemple si les pays les plus riches, les Etats Unis, l’U E et le Japon, n’auraient pas pu céder quelque chose de plus en agriculture ou sur les véritables intérêts de la Chine, du Brésil et de l’Inde, qui ont joué une carte de pays pauvres en dépit du fait que la libéralisation commerciale présente, pour eux-mêmes, un énorme intérêt. »

L’AMERIQUE LATINE ET CENTRALE, QUE DE DIFFICULTES…


LA JORNADA - Mexique (15 septembre 2003)

Libre commerce (extraits - Léon Bendesky)

« … … ce sont les grands intérêts qui dirigent les négociations et les accords ; mais des intérêts, chaque partie en a et ce qui a manqué c’est leur concordance, leurs différences tendant à croître.

L’agriculture est le thème le plus controversé, compte tenu des différences entre les moyens de production des pays riches et ceux des pays en voie de développement. Les subventions introduisent des distorsions dans les marchés des biens agricoles, donnant des avantages à certains producteurs et aux grandes firmes qui monopolisent le marché. Cette situation, qui compromet l’activité des producteurs dont les pays ne peuvent pas accorder de subventions, détruit le tissu social. Par exemple, l’Union Européenne verse annuellement, pour chaque vache, une prime équivalente à trois ans de ressources des plus pauvres (environ 1 $ par jour). … …
Au Mexique, l’agriculture ne représente certes que 5 % du PIB, mais elle fait travailler 20 % de la population.

La libéralisation du marché des produits industriels n’a pas non plus procuré les bénéfices escomptés aux pays les moins développés. Leur compétitivité, due au faible coût de leur main d’œuvre, ne suffit pas à compenser leurs difficultés en matière de technologie et d'organisation de la production. Les négociateurs indiens à Cancun, qualifiés de durs, savaient bien qu’une de leur ressource publique principale venait des droits de douane et qu’ils devaient protéger leur propre production, comme le font les Etats Unis pour l’acier.

Le dilemme entre protectionnisme et libre échange est loin d’être réglé.

Au Mexique, par exemple, l’ouverture des marchés a porté le volume des exportations à 170 milliards de dollars, le mettant au rang des dix plus grandes économies mondiales. On peut y voir un résultat du libre échange, mais il faut aussi en voir les conséquences, dont l’apparition de 60 millions de gens en situation de pauvreté extrême due à la distribution inégalitaire des richesses produites et à la concentration de la production, dans quelques domaines très particuliers (automobile, électricité, électronique), dirigée par des entreprises étrangères, générant peu de valeur ajoutée et d’emplois, mais désarticulant le marché intérieur.

Aujourd’hui les propositions d’accroître le libéralisme économique ne se traduirait pas par une augmentation du niveau de vie pour la majeure partie des pays du monde. … … »

LA VANGUARDIA - Espagne (5 septembre 2003)

Y a-t-il des raisons d’espérer ? (extraits – Sonia Fleury, professeur à "l’Ecole d’Administration Publique et des Entreprises" et membre du "Conseil de Développement Economique et Social", du Brésil.

« Après les espoirs soulevés par l’élection du Président Lula, les Brésiliens se demandent ce qui a changé pendant ces six premiers mois de gouvernement. Sans ressource pour investir dans les dépenses publiques, le Gouvernement s’est consacré à réduire les dépenses et à favoriser les exportations, augmentant ainsi le déficit… …
Les conséquences en ont été désastreuses : chômage alarmant, économie entrée en récession, industrie stagnante, taux d’intérêt étranglant entrepreneurs et travailleurs, demande intérieure en baisse.
La récession économique a avivé la tension politique, plusieurs secteurs sociaux exigent un changement immédiat de politique économique … … Les gouverneurs réclament plus de moyens pour leurs états, les entrepreneurs exigent la réduction des taux d’intérêt, les travailleurs demandent plus de garanties d’emploi.

… … En politique extérieure, le Brésil a su affronter la question de l’Association Latino-Américaine de Libre Commerce (ALALC), dont l’agenda initial favorisait les intérêts des Etats Unis. Avec une grande habileté, le Brésil a négocié des accords avec les pays membres du MERCOSUR et a mis en marche une stratégie qui freine l’hégémonie des Etats Unis dans la zone de libre échange des Amériques (ALCA).

… … L’audace et la compétence dont le Gouvernement brésilien a fait preuve en politique internationale n’ont pas eu leur équivalent dans la timidité et le conservatisme de sa politique économique intérieure. Le moment présent est décisif pour le choix entre continuité et rupture… …

Défense de la stabilisation et maintien des paramètres macroéconomiques orthodoxes, ou lancement d’un programme ambitieux d’investissements publics dans les infrastructures. Les deux alternatives étant incompatibles, le gouvernement devra en choisir une, en rompant avec sa base ou en faisant face aux intérêts du capital financier spéculatif.
La solution sera politique. C’est pourquoi nous gardons des raisons d’espérer. »


L’ UNIVERSITE AUX ETATS UNIS … C’EST L’AMERIQUE !


NEWSWEEK INTERNATIONAL (15 septembre 2003)

En apprenant à la dure (Barbara Kantrowitz)

« Les Universités du monde entier sont affligées de problèmes très difficiles, sauf aux Etats Unis. Qu’ont-elles de si bien ? Leurs ressources et leur prestige attirent les meilleurs étudiants du monde ; près de 600 000 étudiants étrangers venant principalement de Chine, des Indes, de la Corée du Sud, du Japon et de Taïwan seront présents à la rentrée.

A Rome les toits tombent sur la tête des étudiants, à Saint Petersbourg on paye jusqu’à 1 500 dollars pour entrer à l’Université et les maîtres reçoivent des pourboires des étudiants. Même en Grande Bretagne, où le nombre d’étudiants a doublé en 15 ans alors même que les subsides du gouvernement baissaient de 36 %, on craint qu’un grand nombre d’étudiants valables soient écartés pour des raisons pécuniaires.

De surcroît les facilités de recherche sont incomparables et dans le domaine scientifique l’écart est paralysant. En Chine on compte 16 millions d’étudiants mais les études sont très chères et la rigidité de l’enseignement ne permet pas d’expérimentations individuelles. Le rêve reste Harvard ou Yale.

En Allemagne, en 1990, on a largement ouvert les Universités mais le résultat a été catastrophique ; 80 % des étudiants en sciences sociales abandonnent leurs études. Tous les pays réagissent car ils constatent que l’éducation supérieure est devenue "une marchandise globale". »

Le secret de notre succès (extrait - Vartan Gregorian, Président de la Carnegie corporation of New York et ancien Président de la Brown University)

« Plusieurs raisons expliquent le succès des Universités américaines et parmi elles la flexibilité, la diversité, l’émulation. L’immatriculation des étudiants est passée de 4 % en 1900 à 65 % à la fin du siècle. »

NEWSWEEK INTERNATIONAL (22 septembre 2003)

Des diplômes mais pas d’emploi (Sarah Schafer)

« Tout près de Beijing il y a un bidonville : Little Zhang Village. C’est là que les artistes, les musiciens et d’autres travailleurs sans emploi habitent. C’est le cas de Yi-Bo qui a 22 ans et vient d’obtenir son diplôme. Il est sans emploi. Avec 30 camarades dans le même cas il s’est installé à Zhang Village. Ils tuent le temps dans des bars branchés sur Internet et s’entraident pour acheter de l’épicerie; les loyers sont très bas. Yi-Bo dit qu’il se sent coupable vis à vis de sa famille à qui il coûte encore de l’argent. En Juin la moitié seulement des diplômés de 2002 auraient trouvé du travail (pour un total de 1,5 millions). En 2003 il y en aura 2,12 millions.

Ils sont trop exigeants et ne veulent pas d’emplois moyens en province. Mais les étudiants ont toujours été à l’avant garde des révolutions et les leaders chinois sont conscients du problème. Ils demandent aux Universités d’avoir un guide de carrière et font des remises d’impôt aux entreprises qui embauchent. De nos jours 14 % des jeunes accèdent aux études supérieures contre 7 % en 1995. On voudrait atteindre 25 à 30 % en 2020.

Ces étudiants représentent la première génération de "petits empereurs", c’est à dire des enfants uniques, gâtés par leurs parents. Ils veulent des hauts salaires dans des villes cosmopolites comme Shanghaï ou Beijing »

UNION EUROPEENNE : LE "PACTE" MALMENE


SÜDDEUTSCHE ZEITUNG - Allemagne (29 août 2003)

Les pêcheurs budgétaires de l’Europe (Gerhard Bläske)

La Grande Nation : non respect délibéré.

« Le déficit budgétaire de la France sera ramené en-dessous de 3 % du PIB, dans le meilleur des cas en 2005, peut- être seulement en 2006. En même temps l’endettement public en 2003, prévu de 61,8 % du revenu intérieur, dépassera le niveau de 60 % autorisé par Bruxelles.

Bruxelles et Paris vont à la confrontation. Mais le temps du jeu du chat et de la souris est passé et la vérité est sur la place publique : La France ne respecte pas depuis longtemps les règles du pacte de stabilité.

Les principales raisons de cette situation sont la mauvaise conjoncture, le chômage en augmentation et le déficit
croissant des caisses de la Sécurité Sociale. Mais il y a aussi des causes "d’origine maison" à cette dégradation de la situation : sur instruction du Président Chirac, Raffarin doit poursuivre la baisse des impôts … En outre, sont prévus de nouveaux moyens pour les hôpitaux en mauvais état, l’aide aux personnes âgées et les écoles.

Cependant la France dit ses quatre vérités à Bruxelles et doit recevoir des coups pour les autres. L’Allemagne devra d’ici peu aller aussi à Canossa. Depuis déjà longtemps Français et Allemands espèrent obtenir un assouplissement du Pacte de Stabilité et de Croissance, dans lequel, par exemple, les dépenses de recherche, d’infrastructure et de d’équipement seraient sorties du calcul. »

Bella Italia : Comptabilité créative.
Le déficit budgétaire de l’Italie est masqué par des ficelles de politique budgétaire

« A première vue les finances italiennes apparaissent à peu près en ordre, le déficit budgétaire pour 2003 ressortant à 2,4 %.
Le Ministre des Finances, Giulio Tremonti, est arrivé à apporter à l’Etat des sommes considérables par la vente d’immeubles nationaux et par des recettes extraordinaires générées par diverses amnisties fiscales.

Mais cela ne marche qu’une fois. Et en outre les Italiens sont très mal placés en ce qui concerne leur dette publique qui représente de l’ordre de 110 % du revenu national, alors que le seuil fixé par l’Union Européenne est de 60 % … »

A B C - Espagne (14 septembre 2003)

Ecofin : respecter le pacte

« Les tensions survenues autour du Pacte de Stabilité et de Croissance vont bien au-delà du contentieux pour quelques 1/10 de points de plus dans le déséquilibre des comptes publics des deux principales économies de la zone, la France et l’Allemagne.

La base de la construction européenne est le respect de règles communes, dont la Commission est la gardienne. Le défi français a donc une grave dimension politique, plus encore au moment où l’U.E va s’élargir de 15 à 25 membres et où se finalise la rédaction d’une Constitution.
… … Les associés de la France, y compris l’Allemagne et l’Italie, principaux promoteurs de l’indulgence dans l’application du pacte (mais non de sa révision), attendent surtout (de la France) un changement d’attitude, un geste qui doit se concrétiser dans le budget 2004. Ce geste va plus loin qu’un engagement à réduire le déficit structurel : il s’agit de l’engagement de la France et de ses associés, au travers des règles communes qui doivent faire de l’Europe la première puissance économique et un acteur politique incontournable sur la scène internationale. Le Pacte de Stabilité et de Croissance ne peut être sujet à des stratégies particulières qui ont un effet destructeur et ne présentent rien d’exemplaire pour des nations comme la Suède ou la Grande-Bretagne qui n’ont jamais caché leur scepticisme. »

IRAK : LA "PAX AMERICANA", AVEC OU SANS L’ONU ?


SÜDDEUTSCHE ZEITUNG - Allemagne (4 septembre 2003)

La fin de l’isolement (extraits - Stefan Kornelius, rédacteur en chef "Etranger")

Le Secrétaire d’Etat Powell a déposé une nouvelle résolution au Conseil de Sécurité de l’ONU, résolution qu’il faut, contrairement aux précédentes, prendre très au sérieux. Plus de Powell, moins de Rumsfeld, dit-on… …
Une troupe internationale pourrait être légitimée par le Conseil, en pratique les Etats Unis devraient la diriger.
Le modèle du Kossovo pourrait servir d’exemple de hiérarchie de commandement mais le Kossovo, ou l’Afghanistan, devrait servir de parrain pour la répartition du pouvoir dans le nouvel Irak.

C’est là que les choses se compliquent.
Le projet Powell laisse de la place à l’interprétation. Quelle autorité doit ainsi avoir le gouvernement de transition ? Y a-t-il un droit de veto américain ? Quand et sous quelles conditions peut-on engager des élections en Irak ? Qui est l’homme fort qu’il faut pousser en avant ? Qui décide à propos des marchés lucratifs de reconstruction ?

La France joue maintenant un rôle central dans la formulation des notes de bas de page. Et le Président Chirac ne s’en privera pas, même s’il déplorait dans une première réaction les insuffisances du projet. Chirac veut être courtisé personnellement – pour le Président s’ouvre la chance d’une rentrée brillante dans le jeu des grandes puissances –

Il n’y a qu’en Allemagne que personne ne veut voir les choses de cette manière. Le gouvernement est sorti du jeu avant qu’il ait vraiment commencé. "Sans nous", a fait savoir le secrétaire Général du SPD, avant même de lire le projet de résolution. »

NEWSWEEK INTERNATIONAL ( 8 septembre 2003)

Il est encore temps d’éviter la faillite (extrait - F. Zakaria)

« La bombe, présumée d’origine baasiste, de la ville sainte de Najaf peut marquer le début d’une violence interne entre les différents groupes ethniques de la société irakienne. L’histoire de l’Irak moderne est marquée par la violence. Faiçal 1er, est son seul monarque à être décédé de mort naturelle en 1933. Gazaï 1er est mort mystérieusement en 1939 ; Faiçal II a été tué avec toute la famille royale en 1958 ; A.K.Gassem a été assassiné en 1963 ; A.S Arif est mort mystérieusement dans un accident d’hélicoptère en 1966.
Saddam Hussein a succédé, en 1979, à A. Hassan al Bakr, qui avait abdiqué en sa faveur.

Ils étaient tous Sunnites et luttèrent sauvagement contre les Chiites, les Kurdes et les Turcomans. Ils ont toujours été très nationalistes et se sont battus furieusement, même quand ils ne pouvaient espérer la victoire. Chacun comprend, à l’exception de quelques neo-conservateurs, que l’ONU doit envoyer des troupes étrangères. Le général John Abizaïd l'a dit clairement : Les troupes américaines sont mal vues et leur présence provoque un sentiment anti-américain. C’est le Gouvernement de Washington qui prétendait que les soldats américains seraient perçus comme des libérateurs. »

NEWSWEEK INTERNATIONAL (22 septembre 2003)

Ne vous précipitez pas vers le désastre (F. Zakaria)

« Finalement tout le monde semble d’accord sur l’Irak. Les gouvernements français et allemands ont proposé de rendre l’Irak aux Irakiens le plus tôt possible. Le "Conseil de Gouvernement" deviendrait le gouvernement de l’Irak et des élections auraient lieu avant la fin de l’année. Des Irakiens éminents se sont prononcés en faveur de cette proposition ; Les officiels de l’ONU ont fait des déclarations favorables à un transfert accéléré du pouvoir et même quelques politiciens américains voient cela comme un mode de départ bien commode.
Il reste un seul problème. La notion de transfert rapide du pouvoir aux Irakiens est impraticable, imprudente, dangereuse.
Koffi Annan pense-t-il vraiment que ce qui a pris sept ans en Bosnie peut se faire en un an en Irak qui est six fois plus peuplé ?
… il est touchant d’apprendre que la France a confiance dans le "Conseil de Gouvernement". Quand il a été mis sur pied le gouvernement français (et l’allemand) lui a refusé son approbation disant, en privé, qu’il s’agissait "de marionnettes américaines"… la solution serait peut-être que Paul Bremer devienne un officiel de l’ONU responsable devant le Conseil de Sécurité. Il a un projet en sept points qui conduirait à la ratification d’une Constitution suivie d’élections, probablement dans deux ans. Cela fait preuve de bon sens et c’est même peut être trop rapide.
La souveraineté populaire est une grande chose mais un processus constitutionnel est encore plus grand. La France et l’Amérique ont réalisé une démocratie authentique mais en France cela a pris deux siècles, 5 républiques, 2 empires et une dictature avant d’y arriver. Sûrement nous voulons faire mieux en Irak. »

LA JORNADA - Mexique (24 septembre 2003)

Lula demande de rétablir la souveraineté de l’Irak sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies (extraits)

« Le Président brésilien Ignacio Lula da Silva a inauguré l’assemblée générale de l’ONU. Dans son discours, il a déclaré que deux ans après le 11 septembre, par delà la volonté d’adopter des moyens de lutte contre le terrorisme, il y a des signes préoccupants d’une intention de discréditer l’ONU et même de la dépouiller de son autorité politique. Lula fut le premier à la tribune qui défendit l’institution, "Notre tâche principale est de préserver la population des scories de la guerre. Nous accordons la plus grande confiance aux institutions que nous créons avec la lumière de la raison et la vision de l’histoire, plutôt qu’au pouvoir militaire. On peut gagner la guerre avec une seule main, mais la paix durable ne peut être obtenue sans l’appui de tous. Les tragédies d’Irak et du Moyen Orient ne peuvent être résolues que dans un contexte multilatéral, avec le rôle central confié à l’ONU."..… »


LES BREVES LES BREVES LES BREVES LES BREVES LES BREVES LES BREVES

E U R O P E

INT. HERALD TRIBUNE (16 septembre 2003)

Alan Cowell analyse, dans ce numéro de l’I H T, l’impact du rejet suédois et considère, entre autre, qu’il y aura désormais – et sans doute pour une longue période – au moins trois Europe :

· Les 12 de l’Union monétaire dominée par la France et l’Allemagne
· Une alliance informelle, politique et économique, de ceux qui ont refusé l’Euro (Suède, Danemark et Grande
Bretagne)
· Et enfin, les 10 nouveaux arrivants, dont ceux qui viennent de sortir de l’ex empire soviétique.

Chacun de ces groupes ayant son propre agenda, on imagine mal l’Europe marchant d’un seul pas dans un avenir prévisible. Alan Cowell cite le journaliste Sergio Romano, du "Corriere della Sera" : « Si l’Angleterre veut être atlantique, si la Pologne préfère Washington à Bruxelles et si l’Espagne croit plus à l’avenir de l’Hispanada qu’à celui de l’Europe, on imagine mal qu’un marché commun et une monnaie puissent, à eux seuls, provoquer la naissance d’un patriotisme européen ».

LES IZVESTIA (31 août 2003)

Dans les profondeurs de l’Europe (résumé - Svetlana Babaeva)

Le premier Ministre italien, Sylvio Berlusconi, a reçu de Poutine l’invitation de venir se reposer l’été prochain en Sibérie … Berlusconi est pour l’intégration de la Russie à l’Union Européenne, mais se souvenant apparemment quelle tempête avait soulevé sa précédente proposition, d’accueillir rapidement la Russie parmi les membres de l’Union, le Premier Ministre italien a été cette fois-ci plus prudent : "Le but final est de faire participer la Russie à l’Union Européenne … mais il ne faut pas regarder sa montre en permanence."

DIE WELT (3 septembre 2003)

De nombreux articles dans la presse allemande à l’occasion de la visite du Premier Ministre Erdogan. L’importance de la relation avec la Turquie, en raison de la présence d’une forte communauté turque en Allemagne, est soulignée, ou pour le moins transparaît, un peu partout.

Interview du Premier Ministre turc Erdogan : "La Turquie a engagé toutes les réformes en vue de l’intégration dans l’U.E" (Ayhan Bakirdögen)

La situation du Premier Ministre Erdogan n’est pas enviable : En tant que chef du "Parti de la Justice et du Développement - AKP", il lui faut prendre toutes les dispositions en vue de l’entrée de son pays dans l’U.E ; Par
ailleurs il ne peut s’éloigner des valeurs traditionnelles pour ne pas perdre son électorat conservateur et religieux.


Die WELT Pensez-vous que les négociations concrètes entre la Commission européenne et la Turquie
commenceront l'année prochaine ?
Erdogan Notre gouvernement va faire de la Turquie un pays aux standards démocratiques les plus élevés et fait tous les
efforts pour que les négociations puissent s’engager. 70 % de notre population est favorable à l’adhésion.

Die WELT Comment réagirez-vous si la Commission européenne n’engage pas les négociations ?
Erdogan Je ne peux m’imaginer que la Commission décide de ne pas démarrer les négociations. La Turquie a engagé les
réformes et des"paquets d’intégration". Nous voulons maintenant faire passer ces réformes dans la pratique …
Nous ne recherchons pas d’alternative pour le moment, mais dans le cas où en dépit de nos efforts l’U.E prendrait
une position négative, la terre ne s’arrêterait pas de tourner pour la Turquie.

Die WELT Qu’attendez-vous de l’Allemagne à ce propos ?
Erdogan Le gouvernement fédéral nous soutient fortement. Nous demandons aux partis politiques allemands de ne pas
faire mauvais usage du thème de l’entrée de mon pays dans l’U.E à des fins de politique intérieure. En Allemagne
vivent 2,5 millions (1) de Turcs dont environ 600 000 sont naturalisés. Cela les troublerait énormément.

Die WELT La CSU est opposée à l’entrée de la Turquie dans l’Union et va faire de cette question un thème de
combat pour les élections européennes de l’année prochaine. Qu’en pensez-vous ?
Erdogan Cela nous attriste de voir qu’un certain nombre de milieux diffusent en Allemagne une image déformée de la
Turquie et veulent enrayer le processus d’entrée de notre pays dans l’U.E. Les Turcs résidant en Allemagne se sont
intégrés avec succès. La Turquie a déjà, de fait, un pied dans l’U.E. Il y a aussi beaucoup d’investissements turcs
dans les pays de l’Union Européenne.

(1) Erdogan a appelé les 2,5 millions de Turcs résidant en Allemagne à prendre la nationalité allemande, afin de faciliter leur intégration.


M O Y E N O R I E N T


NEWSWEEK INTERNATIONAL (22 septembre 2003)

ET ça continue … (S. Mc Guire – R. Wolffe)

Le prochain débat à l’ONU sur l’Irak risque d’être pire que le précédent.

Un rappel des positions :

Blair : Hier, un grand ténor de la guerre. Aujourd’hui, au Royaume Uni, certains demandent sa démission.

Aznar : Hier, bruyant partisan de la guerre à condition de ne pas y envoyer ses troupes. Aujourd’hui, 90 % des
Espagnols sont contre la guerre.

Berlusconi : Hier, il se place au-dessus de la loi chez lui et s’engage à envoyer des troupes. Aujourd’hui, il
recommande aux autres de ne pas nourrir de divisions après avoir comparé un diplomate allemand à
un nazi.

Kwasnieski : Hier, il fait de la Pologne un participant à la guerre en envoyant 200 hommes de troupe en Irak.
Aujourd’hui, une majorité demande leur retour.

Chirac : Hier, il mène une croisade anti-guerre et se réinvente en héros national. Aujourd’hui, son statut de héros
est validé, personne ne s’intéresse à ses motivations contestables.

Schroder : Hier, un des alliés les plus fidèle des Américains devient un des moins fidèle. Aujourd’hui, il marque des
points à Washington en coopérant en Afghanistan.

Poutine : Hier, il s’oppose à la guerre qui déposerait un dictateur qui lui doit beaucoup d’argent. Aujourd’hui, il se
rapproche de l’Amérique qui contrôle les avoirs de l’Irak.

Erdogan : Hier, il offre son soutien pour que l’Amérique puisse attaquer l’Irak en passant par la Turquie, puis se
rétracte. Aujourd’hui, il parle d’envoyer 10 000 hommes en Irak, puis se rétracte à nouveau.

SÜDDEUTSCHE ZEITUNG (2 septembre 2003)

Guerre contre la réalité (Stefan Kornelius, rédacteur en chef "Etranger")

Le gouvernement Bush ignore le sérieux de la situation en Irak et aggrave la crise.

Le plus grand risque pour la sécurité des soldats américains en Irak s’appelle Donald Rumsfeld. Rumsfeld semble être victime d’une énorme erreur d’appréciation : ce qui se passe en Irak ne relève pas de moyens militaires.

Le problème : Qui conseille le ministre de la Défense ? au sein du gouvernement américain on constate les vieilles lignes de partage – Affaires Etrangères contre Ministère de la Défense -, avec, au milieu, la Maison Blanche …

La leçon : Tant qu’on se querellera à Washington, il y aura des morts à Bagdad.

Les signaux de mauvaise augure se multiplient. L’Administrateur civil Paul Bremer demande plus d’argent pour la reconstruction. Tant d’argent qu’à un an de l’élection la situation se dégrade pour le Président américain.
Il reste la simple question de savoir jusqu’où la désintégration devra aller pour que la dimension du problème soit saisie à Washington. George W.Bush s’occupe de l’Irak comme s’il s’agissait de l’île Persil.
Le Président consulte trop peu, il ne développe aucune vision politique.

L’état des choses doit être changé (en Irak)

Les alliés en territoire occupé – Polonais, Espagnols et même Britanniques – insistent de plus en plus fortement pour l’adoption d’une nouvelle stratégie … les Turcs, les Italiens, même les Français proposent, presque, leur aide.

Le message le plus important : l’état des choses doit être changé. Personne ne souhaite se poser comme force d’occupation en Irak.

Mais l’avertissement le plus clair vient des irakiens eux-mêmes. La machination contre Mohamed Bakr al-Hakim, a confirmé toutes les craintes sur une désintégration de l’Etat une fois libéré des griffes de fer de Saddam. »

NEWSWEEK INTERNATIONAL (15 septembre 2003)

On s’éloigne à grands pas de la feuille de route (Joshua Hammer)

« La semaine dernière le Premier Ministre palestinien, Habou Hammas, a réuni le Comité Législatif pour faire le point sur ses premiers 100 jours. Un gang masqué de Y. Arafat l’a traité de traître et a saboté la réunion.
Hammas a démissionné deux jours après disant que les interférences d’Arafat étaient devenues invivables. Le gouvernement de Bush avait prétendu que la route de Jérusalem passait par Bagdad mais la feuille de route paraît de moins en moins probable. Des critiques disent que les Etats Unis n’ont jamais exercé la pression nécessaire sur Sharon pour qu’il fasse des concessions, ce qui aurait raffermi la position de Hammas. Le Ministre de la Défense de Sharon, un faucon, songe à expulser Arafat à la fin de l’année mais Yossi Beilin, un négociateur palestinien qui participait aux accords d’Oslo, met les Israéliens en garde : "J’aimerais voir un Palestinien prêt à négocier si Arafat est expulsé". »

 

L E " M E L I – M E L O "


NEWSWEEK INTERNATIONAL (8 septembre 2003)

Des voisins pas faciles (C. Bennet – Melinda Liu)

« Les troupes chinoises s’accumulent à la frontière de la Corée du Nord. En 2001 Beijing a freiné le flux des émigrés (150 000 à ce jour et 20 000 par an) et cette année elle l’a arrêté complètement. Elle voit la Corée du Nord comme un handicap de plus en plus encombrant mais qui dépend d’elle pour sa nourriture et son pétrole.

Les réfugiés sont violents et pratiquent pillages et viols : L’armée de Corée du Nord vient parfois leur prêter main forte. La Chine a donc décidé de fermer temporairement le robinet du pétrole et cela a calmé le jeu, ce qui était nécessaire car les Chinois de la frontière étaient terrifiés.

Si le test nucléaire a lieu, Beijing pourrait avoir un choix difficile entre une alliance odieuse et la rupture officielle. »

EL PAIS (17 septembre)

Le juge Garzon inculpe Ben Laden et 34 autres membres présumés d’Al Qaida

« Le juge de l’Audience Nationale Baltasar Garzon a décidé d’inclure le leader d’Al Qaida, Osama Ben Laden, et le journaliste d’Al Jazira, Taysir Alony, dans la liste des prévenus dans l’affaire de la cellule terroriste démantelée en Espagne en novembre 2001.
Dans l’ordonnance, à laquelle EL PAIS a eu accès, Garzon inculpe 35 personnes accusées d’avoir des relations avec le financement, l’organisation et la préparation d’attentats d’Al Qaida. »

NEWSWEEK INTERNATIONAL (8 septembre 2003)

La route vers la richesse - en Amérique Centrale - (J. Contreras – C. Hopkins)

« Depuis que Théodore Roosevelt a décidé de construire le canal de Panama l’Amérique Centrale n’a pas connu de projet aussi grandiose. La route Puebla / Panama City coûtera 10 milliards de dollars US, mesurera 1 million de kilomètres carrés et intéressera 65 millions d’habitants d’après ses promoteurs. "Ce plan unira les routes, les ports et les réseaux électriques du Sud du Mexique aux sept pays d’Amérique Centrale en 2006".
Il conduira au libre-échange entre ces pays et le commerce devrait passer de 5,1 milliards de dollars US aujourd’hui à 8,5 en 2010. … … »

LA JORNADA (24 septembre 2003)

Lula fait des propositions pour réformer l’ONU

« … … Lula a par ailleurs fait des propositions pour réformer l’ONU, déclarant que le Conseil de Sécurité devait être plus représentatif de la Communauté internationale et qu’il est anormal que la composition des membres permanents soit restée figée depuis 60 ans, en ignorant les changements du monde, en particulier l’arrivée sur la scène internationale des pays en voie de développement. L’Assemblée Générale devrait assumer des responsabilités pour la paix et la sécurité dans le monde et elle pourrait être une alternative à la paralysie introduite par les droits de veto. Le Brésil est prêt à offrir sa contribution comme représentant de l’Amérique Latine. »

NEZAVISSIMAIA GAZETA quotidien russe (3 septembre 2003)

Les banques russes trompent les déposants (Petr Orekhin)

André Koslov met en garde contre la possibilité d’une nouvelle crise financière

Grâce aux prix élevés du pétrole, l’économie du pays est en croissance. Mais l’afflux de pétrodollars ne fait qu’augmenter la tension sur les devises et augmenter les réserves de la Banque centrale. … …

Le vice Président de la Banque centrale, André Kozlov parle :

André Andreevitch, donnez un conseil aux simples citoyens : Que faire avec des économies ? Peut-on faire confiance aux banques ou faut-il les dépenser ?

Il faut faire la chose suivante : Il va bientôt y avoir des élections pour le Parlement national. Il faut voter pour le candidat qui déclarera "Je soutiens le système des dépôts bancaires".

Et si il y avait une nouvelle crise ?

En 1996-97 l’argent était prêté à court terme et pour des programmes sociaux . Il n’en est plus de même maintenant … … Même si la crise de 1998 se renouvelle, le système bancaire russe la vivra beaucoup mieux et les conséquences seront moins importantes.

INTER. HERALD TRIBUNE

Les amis intimes récoltent les contrats irakiens (résumé d’un éditorial de Paul Krugman)

"L’Administration Bush se déclare désormais engagée, en Irak, dans une version moderne du plan Marshall !! Mais Bush n’est pas vraiment un Harry Truman". Par contraste à la référence à l’après guerre en Europe, "les histoires qui circulent au sujet de la reconstruction de l’Irak sont de plus en plus sordides" … … "et contrairement à ce que certains voudraient vous faire croire, le sordide n’est en rien un phénomène secondaire dans cette affaire"… …

En résumé d’un long article, Paul Krugman affirme que la reconstruction de l’Irak reste fermement sous le contrôle de la Maison Blanche et que le phénomène de l’attribution des contrats aux seuls bons amis contribue largement aux difficultés et aux retards des programmes. Le journaliste cite ensuite une série de cas concrets et se demande comment on peut laisser une attitude pareille perdurer dans un contexte local si préoccupant.

AFRIQUE ASIE (septembre)

Angola : D E M O C R A T I E (extrait)
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L’Angola a connu plus de 20 ans de guerre civile opposant un mouvement, l’UNITA, soutenu par les Etats Unis, à un pouvoir a coloration socialiste et parti unique, le MPLA. Ce conflit s’est prolongé d’années d’errances politiques ; Aujourd’hui, l’UNITA vient de se doter de structures démocratiques. son Président nouvellement élu, Isaias Samakuva, sera le concurrent principal du Président sortant, José Eduardo dos Santos, lors de l’ élection présidentielle de 2006.

« Dans 24 mois au plus tard, les électeurs angolais seront appelés à choisir les députés et le Président de ce qu’on pourrait d’ores et déjà appeler la IIIème République. La révision de la Constitution, qui avance à petits pas, car la Commission parlementaire paritaire qui en a la charge procède par consensus, devrait conclure ses travaux avant la fin de cette année. A présent, ce sont les modalités pour le choix des nouveaux symboles nationaux, drapeaux, insignes et hymne, qui font l’objet du débat, l’opposition souhaitant l’abandon de toute référence aux couleurs (rouge, noir, jaune) du drapeau du MPLA, ainsi qu’à l’imagerie relevant de la période socialiste. »

L’eau, l’autre richesse de l’Angola (résumé)

93 % du pétrole produit par l’Angola représente 90 % de ses exportations totales. Mais elle est très dépendante des importations. Ce qui fait dire aux économistes qu’elle se trouve dans l’inconfortable cas des pays "qui produisent ce qu’ils ne consomment pas et consomment ce qu’ils ne produisent pas !". Mais outre le pétrole et les diamants, l’Angola recèle d’autres richesses naturelles, l’eau est l’une d’elles. Avec 18 % des ressources hydrauliques de l’Afrique centrale, qui possède 60 % des ressources en eau du continent, l’Angola dispose d’un potentiel Hydroélectrique considérable (16 000 MW). Ses projets de création d’infrastructures régionales dans le secteur énergétique intéressent au plus au point le NEPAD.

LES IZVESTIA (3 septembre 2003)

Mot d’ordre et mot de passe (Alexandre Sandtchikov)

« Mardi, Vladimir Poutine a signé le décret, sur la tenue des élections, au Parlement. Cela signifie que, dans la nation, une nouvelle étape de la lutte pour le pouvoir commence. Paradoxe : d’un coté, les experts, à l’unisson, affirment que "tout est déjà pris et réparti", d’un autre, ces mêmes personnes prédisent une sévère confrontation des partis. La spécificité des élections de 2003 consiste en ce que, pour la première fois, ce ne sera pas une confrontation entre deux idéologies et un combat entre deux partis pour le pouvoir, mais une rivalité entre différents groupes pour contrôler la législation pendant les quatre prochaines années.»


Odile Boulloche – Bernard Chadenet – Claude Gaboreau – Guy Girod Genet – Michel Kavyrchine - Henri Moullier – Marion Ordonneau – Yves Stalla-Bourdillon – François Treilhou – André Troesch