OBSERVATOIRE DES MEDIAS ETRANGERS
Juin 2003


UN GROUPE DE 10 MEMBRES D’ARRI SE PARTAGE LA LECTURE DE GRANDS JOURNAUX ET PERIODIQUES ETRANGERS (NEWSWEEK, THE ECONOMIST, LES IZVSTIA, DIE WELT, CORRIERE DELLA SERRA, EL PAIS, AFRICA INTERNATIONAL …ET D’AUTRES SUIVANT L’ACTUALITE) POUR DEGAGER UN PANORAMA MENSUEL DES ARTICLES DONNANT UNE IMPRESSION DE L’OPINION ETRANGERE SUR LES REALITES INTERNATIONALES. IL NE S’AGIT QUE DE TRADUCTIONS, SANS PRISE DE POSITION NI INTERPRETATION DE ARRI.

L’équipe de l’observatoire de médias étrangers vous souhaite de bonnes vacances et vous donne rendez-vous au mois de septembre, pour la sortie du prochain "observatoire".

CET "’OBSERVATOIRE DE MEDIAS ETRANGERS" ET CEUX DES MOIS PRECEDENTS, SONT CONSULTABLES SUR CE SITE (rubrique "INTERNATIONAL" ).

DANS L’ACTUALITE DE CE MOIS DE JUIN 2003

PALESTINE – ISRAEL : LES ETATS UNIS TROUVERONT-ILS LA CLE DE LA PAIX ? (FOREIGN
AFFAIRS, INT.HERALD TRIBUNE, NEWSWEEK)

EUROPE : UN PROJET DE CONSTITUTION CONTROVERSE (DIE WELT, INT.HERALD TRIBUNE)

QUAND LES ETATS UNIS VOULAIENT PERSUADER LE MONDE DE FAIRE LA GUERRE (INT.HERALD
TRIBUNE, NEWSWEEK)

UNE ALLIANCE STRATEGIQUE ENTRE L’EUROPE ET LA RUSSIE ? (NEWSWEEK)

LES BREVES (THE ECONOMIST, DAILY TELEGRAPH, EL MUNDO, LES IZVESTIA, NEZAVISSINAIA GAZETA,
LA JORNADA, NEWSWEEK, INT.HERALD TRIBUNE)

PALESTINE – ISRAEL : LES ETATS UNIS TROUVERONT-ILS LA CLE DE LA PAIX ?


FOREIGN AFFAIRS (revue américaine réputée de mai–juin 2003)

Vers un protectorat sur la Palestine ? (résumé et extraits - Martin Indyk)

Avant de diriger un Centre d’études sur le Moyen Orient à l’Institut Brookings, Martin Indik fut ambassadeur des Etats Unis en Israël dans les périodes 1995 / 97 et 2000 / 01.

« … … La seconde intifada palestinienne entrera bientôt dans sa quatrième année. Israéliens et Palestiniens se sont les uns et les autres épuisés dans la pire des violences de la longue histoire d’un conflit sanglant. Le terrorisme palestinien et les réactions militaires d’Israël entraînent les deux communautés vers des abîmes de plus en plus profonds. »

L’auteur analyse que l’élimination du régime de Saddam Hussein et la présence américaine en Irak , sont de nature à exercer une influence calmante sur l’Iran et la Syrie et enfin, pariant sur une évolution convenable de la tutelle américaine sur l’Irak, il estime que la balance du pouvoir dans le monde arabe pourrait pencher en faveur des Etats plus modérés, l’Egypte, la Jordanie et l’Arabie Saoudite qui se sont engagés en faveur de la paix avec Israël.

Bien que le moment paraisse favorable à une initiative, dans l’esprit de ce qu’avait suggéré George W. Bush en novembre 2001 et qui avait recueilli l’assentiment d’Ariel Sharon, l’adhésion d’une majorité des populations israéliennes et palestiniennes ainsi que l’appui de la communauté internationale, Martin Indink reste très réservé sur la capacité des deux antagonistes à progresser selon une feuille de route qui, selon lui, ne prévoit pas de mécanisme susceptible d’aboutir.

Une crainte exprimée par l’auteur est que l’Administration Bush se limite à exercer un maximum de pression, sans toutefois intervenir directement. Dans ce cas les mêmes échecs que dans le passé sont prévisibles, avec, en plus, le risque de voir la préparation des élections américaines détourner l’attention de l’Administration américaine vers des problèmes de politique intérieure plus pressants.

Du coté Palestinien, il n’y a pas de partenaire politique en mesure de conclure un accord avec Israël et de l’autre, pas de gouvernement suffisamment flexible disposé à jouer un jeu positif.

Dans ce contexte, Martin Indyk estime qu’une chance de succès nécessiterait un engagement plus profond de l’Administration américaine et l’abandon de la feuille de route pour une action plus contraignante. Il pense, qu’un des seuls moyens de sortir de cette situation, pourrait être que les Etats Unis prennent la tête d’une croisade pour convaincre la communauté internationale et le Conseil de Sécurité de la nécessité d’installer en Palestine une sorte de "protectorat temporaire", dont le mandat serait de construire un Etat palestinien indépendant et démocratique.

Il décrit ensuite sa vision de l’organisation, des conditions du fonctionnement et des moyens de cet organisme, au sein duquel il pense indispensable que les Etats Unis aient un rôle déterminant, ne serait-ce que parce qu’aucun autre pays ne peut espérer avoir la confiance d’Israël.

NEWSWEEK (16 juin)

En rentrant dans la mêlée (T. Lipper et M. Hirsh)

« Bush s’efforce d’apporter au Moyen Orient l’atmosphère de bonhomie du ranch. Y apporter la paix sera tout autre chose. Sharon s’est engagé à démanteler soixante colonies illégales, mais d’autres vont être légalisées. On espère la réaction positive des Palestiniens dans le domaine de la sécurité mais le Premier Ministre Abbas est coupé du Hamas d’Arafat.

George W. Bush est accompagné de Karl Rove, son premier conseiller politique. Celui-ci se préoccupe de l’alliance israélienne pour le compte des évangélistes chrétiens, groupe auquel Bush a adhéré. Le vote des évangélistes pèsera lourd lors des élections de 2004. Parallèlement Bush a demandé au Prince Abdullah d’Arabie Saoudite d’arrêter de financer les groupes terroristes palestiniens.

Après avoir prouvé son ardeur pour faire la guerre, il va être testé sur ses aptitudes à faire la paix.»

INTERNATIONAL HERALD TRIBUNE (16 juin)

Quand l’auto-défense devient auto-destruction (extrait et résumé – Thomas Friedman)

« Avez-vous remarqué combien de fois Israël a réussi à éliminer un activiste du Hamas, présenté comme un haut responsable ou un dirigeant clé ? Cela me laisse rêveur … car désormais, on peut en conclure que Israël a dû éliminer au moins deux fois la totalité des responsables du Hamas.»

L’article souligne l’engagement évident des deux antagonistes dans une spirale infernale et l’impossibilité dans laquelle ils sont d’en sortir par eux-mêmes. Friedman, qui ne peut être taxé de faiblesse à l’égard de l’Administration Bush, arrive lui aussi à la conclusion que seule, une intervention lourde des Etats Unis forte de son influence et si nécessaire de ses forces armées, pourrait encore arrêter le désastre.


EUROPE : UN PROJET DE CONSTITUTION CONTROVERSE


DIE WELT (15 juin 2003)

Une partie de la Droite allemande émet de fortes critiques sur le projet de Constitution Européenne ; Le Ministre Président de la Bavière, Edmond Stoiber, a donné le 14 juin un interview à DIE ZEIT qui était intitulé "Bruxelles nous réduit à des administrations de Province" tandis que le DIE ZEIT am Sonnatg titrait : "l’Allemagne a le droit de payer beaucoup en Europe, mais n’a le droit de décider que peu de choses". L’article de DIE WELT, repris infra, est représentatif de cette contestation.

Un projet inacceptable pour la CSU (extrait)

« Pendant que le Chancelier Schroëder (SPD) annonce qu’il ne veut plus "défaire le paquet de la Constitution", les hommes politiques, avant tout la CSU, qualifient le projet "d’inacceptable", jusque dans une série de questions de détails.

… … C’est le cas en particulier, selon l’opinion de la CSU, pour les droits communs substantiels dans la politique économique et sociale, ainsi que dans celle de l’énergie et de la santé. Pendant que la question centrale d’une politique étrangère et de sécurité a été négligée, la politique d’intégration européenne s’avance, sur d’autres champs politiques, en direction d’un Etat fédéral et non plus vers une confédération d’Etats, qui avait la faveur de l’Union après l’élargissement vers l’Est.
Gerd Muller, le porte parole du groupe CSU au Parlement pour la politique extérieure et européenne, reproche au gouvernement de négliger les intérêts allemands "Aucune avancée de Schroëder et aucune avancée de Fischer, qui ne vise que le poste des Affaires Etrangères de l’Europe, ne souligne la sauvegarde des intérêts allemands"

… … Particulièrement, la CSU critique la décision de la majorité de Bruxelles, qui n’est pas encore définitivement arrêtée, sur les questions d’immigration. Le Ministre Président de Hesse, Roland Koch, met en évidence que l’Allemagne à fait déjà des expériences extrêmement mauvaises avec l’Europe dans les problèmes de l’immigration "Nous sommes pour ainsi dire les stupides du jeu, c’est-à-dire le pays n°1 de l’immigration, pendant que d’autres Etats restent réticents. C’est pourquoi de telles questions ne peuvent pas être décidées contre les votes allemands"

Le Président de la fraction EVP à la Convention, Elmar Grock, a repoussé les critiques acerbes dans ses propres rangs. Il a dit que la CSU jugeait quelque chose qui n’a pas encore été décidé ; Justement les points de disputes appartiennent encore aux questions ouvertes du contrat de la Constitution. Dans ce contexte, Brock a mis en évidence la nouvelle répartition des votes (1), au Conseil des Ministres et au Parlement européen, qui a été déterminée et entrera en vigueur en 2009. … … »

(1) contrairement à la situation actuelle, les Etats membres seront représentés à partir de 2009 selon l’importance de leur population, ce qui sera évidemment favorable à l’Allemagne qui disposera d’un nombre de voix plus important que celui dont disposeront chacun de ses trois plus grands autres partenaires. La réussite de cette réforme est généralement portée au crédit de Giscard d’Estaing.

INTERNATIONAL HERALD TRIBUNE (24 juin)

Le projet de Constitution montre que l’unité de l’Europe est encore bien lointaine (résumé - John Vinocur)

« Les dirigeants européens chantent volontiers les mérites d’une totale intégration mais c’est une démarche "intellectuelle". En pratique, chaque pays veut rester seul maître de ses intérêts vitaux ; On se demande quelle crédibilité pourrait avoir un ministre des Affaires Etrangères soumis au droit de veto de chacun de ses vingt-cinq mandants ? de même, quel rôle pourrait ambitionner de jouer ce nouveau Président, élu pour deux ans et demi non par un vote populaire, mais par les seuls hommes politiques représentants leurs pays au sein du Conseil Européen ? … un spécialiste de l’inauguration des chrysanthèmes ou un rival du Président de la Commission ?
A la suite du sommet de Salonique, Jack Straw, le Ministre anglais des Affaires Etrangères, ne s’est pas privé de clamer que "l’agenda fédéraliste n’existe plus" et que l’Angleterre reste désormais libre de noyer tout projet majoritaire concernant les affaires étrangères, la défense, la fiscalité, la politique sociale, l’immigration, etc … A leur manière, Chirac et Schroëder ont éprouvé le besoin de rassurer leurs concitoyens sur tels ou tels problèmes particuliers.

Dans ces conditions, ceux qui dans l’Administration Bush, parlaient avec cynisme, de moyens à utiliser pour veiller à maintenir les divisions au sein de l’Europe, n’ont, semble-t-il, aucun souci à se faire, les Européens s’en chargent eux-mêmes.»


QUAND LES ETATS UNIS VOULAIENT PERSUADER LE MONDE DE FAIRE LA GUERRE


INTERNATIONAL HERALD TRIBUNE

Vaines recherches d’armes de destruction massive

Les titres des articles et éditoriaux de l’I H T sont représentatifs de ceux de la majorité de la presse américaine.

Le 4 juin, Paul Krugman : "Bush devra rendre des comptes sur ses tromperies"

Le 5 juin, Thomas L. Friedman : "La guerre ne sera terminée que lorsque l’Irak sera reconstruit"
Les 14/15 juin, Editorial : "L’uranium qui s’évanouit"

Bill Killer : "Une information corrompue affaiblit l’Amérique"

N. D. Kristof : "L’oxyde d’uranium inexistant. Une Maison Blanche experte dans l’art de se
tromper elle-même"

NEWSWEEK (9 juin)

Quand on voulait persuader le monde de faire la guerre (E.Thomas, R.Wolffe & M.Isikoff)

« Le message était clair : les armes de destruction massive de Saddam rendaient la guerre inévitable.
Alors, où sont-elles ? : au sein de la guerre intestine du Gouvernement au sujet "du renseignement".

La position de G. Tenet, directeur de la CIA était difficile. C. Powell devait s’adresser aux Nations Unies le 5 février 2003 et s’efforcer de prouver que Saddam possédait un arsenal d’armes de destruction massive, mais les preuves étaient minces.

L’espionnage peut aider à gagner des guerres mais il ne fournit souvent qu’un puzzle incomplet. Les espions honnêtes mesurent leurs limites mais leurs maîtres politiques préfèrent souvent une version plus hollyvoodienne. C’est, en l’occurrence, ce qui s’est passé. Les officiels affirment qu’ils trouveront les preuves … par exemple deux remorques récupérées dans le nord de l’Irak auraient été deux laboratoires d’armes biochimiques capables d’anéantir une ville.

Il est douteux qu’une enquête du Congrès puisse prouver que la CIA, ou toute autre agence de renseignement ait menti délibérément. G. Tenet, lors d’un récent discours, a rappelé que la CIA est une agence en principe indépendante et qu’elle ne souffle pas dans le sens du vent politique. Si les Etats Unis sont entrés dans le monde des guerres préventives , la précision du renseignement devient primordiale et l’enquête menée par NEWSWEEK sur les armes de destruction massive de Saddam n’est pas encourageante.

Les transfuges irakiens ont propagé beaucoup de rumeurs et l’équipe de renseignement du Ministère de la Défense, auto surnommée "La Cabale", en a fait autant. Greg Thielmann, un ancien du renseignement du Département d’Etat, ayant récemment démissionné, s’est indigné des déclarations officielles, si peu fondées (achat d’uranium au Niger, importation de tubes d’aluminium, …).

C. Powell avait retenu de ce fatras que Saddam avait abrité des membres d’Al Qaeda. Il n’a pas convaincu les Nations Unies mais il a aidé à convaincre les Américains que Saddam représentait une menace réelle.

La CIA a travaillé convenablement à la recherche de membres d’Al Qaeda. Elle sait l’imprécision de son travail. Il serait beaucoup plus sain que les hommes politiques le sachent aussi. »


UNE ALLIANCE STRATEGIQUE ENTRE L’EUROPE ET LA RUSSIE ?

INTERNATIONAL HERALD TRIBUNE (16 juin)

Putin devrait pencher du coté de l’Union Européenne (résumé et extraits - Katinka Barysch et Laza Kekic)

Les signataires de cet éditorial sont : K. Barisch, chief economist du "Center for European Reform" et L. Kekic, director for Eastern Europe à "l’Economist Intelligence Unit."

« La bonne ambiance des récents sommets russo-américains semble confirmer que George W. Bush est un adepte de la règle "divise et règne", énoncée par sa conseillère Condoleezza Rice.

La Russie se voit pardonner ses erreurs sur l’Irak, alors que l’Allemagne et la France doivent être, la première ignorée, la seconde punie. Putin n’a rien à perdre et a pour l’instant tout intérêt à garder ses options ouvertes.»

Les deux auteurs estiment toutefois que derrière cette façade amicale il n’y a de solide que des désaccords déjà sérieux et des perspectives d’oppositions plus graves encore. La vision américaine de l’ordre mondial, sa doctrine de frappes préventives, sa présence en Asie Centrale, son intérêt pour l’Iran … sont autant de sujets d’inquiétude.

« Pendant que Bush donnait des grandes tapes dans le dos de l’ami russe, il empochait son appui en Afghanistan mais, dans le même temps, abrogeait le traité A.B.M, s’installait au sud de l’ancienne Union Soviétique et élargissait l’O.T.A.N jusqu’aux frontières de son ami.»

D ‘après Katinka Barisch et Laza Kekic, l’opinion publique russe est amère à l’égard des Etats Unis et la confiance ne règne pas entre les élites des deux pays.

« Putin n’a pas les moyens d’entrer en conflit avec Washington et se refuse à jouer l’Europe contre l’Amérique, mais, dans la définition d’une nouvelle politique étrangère, il paraît vraisemblable qu’il soit en train de réaliser que des liens plus étroits avec l’Union Européenne feraient de la Russie un plus puissant partenaire pour les américains … … Les intérêts communs à la Russie et à l’Europe pèsent beaucoup plus lourds que leurs divergences. L’une et l ‘autre ont un intérêt évident à défendre le rôle de l’O N U et l’approche multilatérale des décisions de politique internationale et attachent la plus grande importance au maintien d’une zone de stabilité sur l’ensemble de la "grande Europe".

Les auteurs soulignent leur interdépendance en matière économique : La Russie fait la moitié de son commerce extérieur avec l’Union Européenne. L’U.E dépend de la Russie pour 1/5 de ses besoins en énergie, les Européens sont les plus importants investisseurs en Russie etc … ainsi, à l’inverse des Etats Unis, l’Europe et la Russie entretiennent déjà des relations très concrètes. Les auteurs, après avoir imaginés la fondation d’organismes spécifiques de coopération entre l’U.E et la Russie, concluent, qu’avec un peu d’ambition et de vision, l’Europe pourrait devenir le partenaire stratégique que la Russie recherche.

LES BREVES LES BREVES LES BREVES LES BREVES

E U R O P E

THE ECONOMIST (7-13 juin 2003)

"The Economist" de la semaine publie plusieurs articles consacrés aux grèves déferlantes observées sur le continent et s’intéresse à la bataille des réformes, entreprises presque simultanément, dans des contextes et avec des méthodes un peu différents, en Allemagne et en France. Le ton général est donné par un article titré,

Ne cédez pas ! (extrait et résumé)

« Aussi étrange que cela puisse paraître, les grèves en France et le mécontentement des syndicats allemands sont peut-être des signes encourageants, à condition que les gouvernements des deux principales économies européennes ne plient pas devant toute la colère qui s’exprime dans la rue et dans les ateliers … … quels que soient les différences d’idéologie et de tactique, les deux gouvernements ont devant eux une route longue et inconfortable.
A ce jour Schroëder et Raffarin méritent des applaudissements et des encouragements à continuer dans cette voie.

En France, cela vaudrait largement quelques semaines de chaos, si M. Raffarin arrivait à faire triompher sa réforme des retraites, sans consentir de trop nombreuses concessions.»

Selon l’ECONOMIST, la partie semble mieux engagée par Raffarin que par Schroëder, qui est jugé hésitant. Pourtant un possible succès serait particulièrement le bienvenu pour l’Allemagne, toujours perçue comme le géant économique du continent, mais dont les performances sont des plus mauvaises depuis plusieurs années.

L’ECONOMIST et les journaux classés "conservateurs" ne sont pas les seuls à exprimer, depuis longtemps, de sérieuses inquiétudes sur les excès des systèmes de protection sociale sur le continent et sur la rigidité du marché du travail qui y prévaut.

Le journal conclut l’article en encourageant le Premier Ministre français: « La France souffrant dans une large mesure des mêmes handicaps que l’Allemagne, courage, M. Raffarin, car il vous faut faire avaler des réformes (celle des retraites n’étant qu’un début) à des concitoyens qui n’y sont aucunement préparés. »


THE ECONOMIST (14 juin)

La guerre du Congo, blessure ouverte de l’Afrique

« Depuis que l’O N U envisage que le mot génocide s’applique aux récents événements de la République Démocratique du Congo, le monde a soudainement découvert la guerre civile qui y sévit depuis cinq années. Il est bien temps, car plus d’Africains ont péris, 2 à 4 millions, qu’au Rwanda en 1994.

Une partie des victimes résulte de luttes tribales, mais il s’agit surtout de pillages et les milices pillent et assassinent parce que personne ne les en empêche. Il est essentiel de les arrêter. L’envoi de troupes par la France est un premier pas bienvenu ; ces 1400 soldats bien armés doivent faire mieux que les rares casques bleus sans mission qu’ils relèvent.
Ce ne sera pas difficile de sécuriser Bunia mais le problème est, qu’au delà de cette ville, se trouve un pays aussi vaste que l’Europe Occidentale et plein de micro guerres.

La France n’a pas de programme de pacification de l’ensemble de la R D C et prévoit même de quitter Bunia le 1er septembre pour être remplacée par un contingent plus nombreux de l’O N U.

La paix exige beaucoup plus, des milliers de combattants pendant plusieurs années. Les pays complices, le Rwanda, l’Ouganda et la R D C elle même, ont recours aux aides économiques. La menace de leur suspension pourrait constituer un levier efficace.

En termes humanitaires, la guerre du Congo est la principale d’Afrique, avec un record historique de victimes. Y mettre fin est une urgente priorité.»

EL MUNDO (12 juin)

Fidel Castro répond aux critiques de l’Union Européenne (extrait et résumé)

« Des centaines de milliers de Cubains, Fidel Castro à leur tête, ont manifesté devant les ambassades espagnoles et italiennes, pour protester contre les sanctions annoncées par l’U.E (1) en raison des violations des droits de l’homme commis à Cuba … … les participants, "plus d’un million" selon le gouvernement, brandissaient des pancartes contre le "néo fascisme", ont clamé "qu’il fallait respecter Cuba" et ont qualifié le Président espagnol de "marionnette" et de "petit Führer".
… … Les manifestants ont aussi scandé des slogans hostiles à Berlusconi ("Berlusconi, nous ne sommes plus au temps de Jules César, de Néron ou de Mussolini") avant d’entamer l’International.

… … L’Union Européenne a décidé de restreindre ses relations avec Cuba après la condamnation, de 75 opposants au régime, dont diverses personnalités et de nombreux journalistes, à 1 454 ans de prison. Trois "émigrants" étant condamnés à mort. Fidel Castro a accusé Aznar et Berlusconi d’être à l’origine de ces mesures et a qualifié les dirigeants européens de "fascistes" et de "bandits" … … ».

Le Ministre espagnol des Affaires Etrangères a répondu que les décisions (de l’U.E) sont obtenues par consensus, sans que personne ne les impose ou les inspire particulièrement, que l’Espagne n’y a pas joué
un rôle plus important que les autres pays, mais qu’elle a participé pleinement au consensus. Il a ajouté qu’il était important pour l’Espagne que « les relations avec Cuba puisse s’améliorer … … le peuple espagnol se sent très proche du peuple cubain et nous désirons toujours le meilleur possible pour Cuba.»

(1) Les sanctions adoptées incluent la suppression des visites bilatérales à haut niveau, la réduction de la participation à des événements culturels et l’invitation des dissidents dans les ambassades européennes lors des célébrations des fêtes nationales.

DAILY TELEGRAPH (19 juin)

Tous les jours le NEW YORK TIME, l’INTERNATIONAL HERALD TRIBUNE, THE BOSTON GLOBE, publient des articles, sde journalistes américains connus, analysant sévèrement la gestion américaine de "la reconstruction de l’Irak" et la manière dont Washington a laissé tomber l’Afghanistan. Aujourd’hui, c’est à la une du DAILY TELEGRAPH, qu’on peut lire :

La reconstruction américaine de l’Irak est inefficace et à l’état de chaos ( résumé - Peter Foster)

Un haut fonctionnaire britannique a révélé au journaliste que Paul Brenner, l’administrateur américain de l’Irak, aurait moins de 600 employés sous sa responsabilité et que des tiraillements entre leurs services handicaperaient sérieusement leur efficacité.

Le règlement des salaires locaux, par exemple, aurait longtemps été retardé parce que Washington ne parvenait pas à décider de la monnaie à utiliser : dollars U.S, dinars "Saddam" ou encore dinars "suisses" utilisés dans les zones kurdes … … La situation est jugée assez sérieuse pour que Tony Blair décide de dépêcher sur place Sir Jeremy Greenstock, le plus réputé des diplomates anglais, avec la mission d’essayer de donner à cette administration plus d’ambition politique et une stratégie.

ETATS UNIS

NEWSWEEK (9 juin)

En cherchant le juste milieu … en Afghanistan (Ron Moreau)

« Karzai a 45 ans, marié depuis 4 ans à une gynécologue. L’avenir de l’Afghanistan est entre ses mains.
La sécurité dans le pays diminue, les Taliban activent la guérilla dans le sud, les Seigneurs de la guerre s’enrichissent par le trafic de drogue, des bandes armées encaissent régulièrement des droits et taxes aux frontières et les Etats Unis ne font rien pour Karzai.

Le Kosovo reçoit 250 dollars par an et par personne, l’Aghanistan en reçoit 42. Karzai a longtemps recherché le consensus, mais récemment il a changé les Gouverneurs de quatre provinces et sommé les bandes guerrières de … reverser leurs prélèvements à l’Etat.

Si on ne l’aide pas , nous assisterons à la désintégration de l’Afghanistan en un Etat terroriste.»

NEWSWEEK (16 juin)

La criminalité made in U.S.A (extrait - brèves)

« Ce n’est pas le fast food qui est la pire exportation des Etats Unis, c’est la culture du gang criminel. Depuis la loi sur la réforme de l’immigration illégale, des milliers de jeunes gangsters ont été expulsés, "déportés" dans leur pays d’origine, c’est à dire le plus souvent en Amérique Centrale. Ayant acquis des habitudes de violence ils trouvent dans leur pays d’amples réserves d’armes grâce aux héritages des guerres civiles ; De plus, ils sont assez nombreux pour y organiser des gangs. "Cela n’existait pas avant les déportations" dit Milton Andaluz un officier de police de San Francisco originaire du Salvador. Dans ce pays, l’Institut d’opinion publique d’Amérique Centrale, précise que 12 % du PNB ont été dépensés pour contrôler ces gangs, mais sans résultat. … … »


NEWSWEEK (23 juin)

La marche en avant de la Chine (G. Wehrfritz et A.A. Sena)

« Quand, en 1985, Don Saint Pierre senior est arrivé à Beijing pour diriger une société, en joint venture Etats Unis-Chine, de fabrication de Jeeps, il n’y avait que deux personnes propriétaires de voitures privées en Chine. Aujourd’hui il y en a un million et l’expansion continue.

En 1985 les Chinois se déplaçaient à bicyclette et portaient "le costume Mao". Tout ce dont ils rêvaient pour trente ou quarante ans plus tard est arrivé en vingt ans.

Depuis la débâcle économique des années 2000 dans les pays occidentaux, alors que les trois locomotives, l’Allemagne, les Etats Unis et le Japon, ne jouaient plus leur rôle, personne n’imaginait que la Chine pourrait prendre le relais. Mais elle est devenue la seconde économie mondiale et a connu au premier trimestre (2003) une croissance de 9,9 %, avant la pneumonie atypique.

Elle dépasse déjà le Japon comme importateur et est en train de dépasser aussi les Etats Unis ; C’est elle qui assurera une croissance de 5 % dans l’Asie du sud-est. Sa classe moyenne dépasse 200 millions…de consommateurs.
Elle soutient les prix de l’acier, du cuivre et des produits chimiques.

Si Wilbur Ross, un investisseur américain, a osé racheter Bethléem Steel, qui était en faillite, c’est qu’il compte sur la Chine pour acheter sa production. Leman Brothers estime que la Chine a dépassé le Japon et pourrait dépasser l’Europe en 2008.

Pour le moment sa monnaie est faible mais quand le "renminbi" flottera, il s’appréciera peut être de 50 % par rapport au dollar, ce qui donnera à la Chine un immense pouvoir d’importateur. »

NEWSWEEK (23 juin)

L’ennemi à l’intérieur ou Al Qaeda en Amérique (extrait - Ewans Thomas + des enquêteurs)

« Khalil Shaik Mohammed, "KSM" pour le FBI, a été l’homme clé du terrorisme aux Etats Unis. Capturé au Pakistan le 1er mars, il doit être actuellement dans un cul de basse fosse dans un pays arabe ami, peut être en Jordanie. Le Département de la Justice ne tient pas à arrêter ces terroristes et à les transférer aux Etats Unis où le système judiciaire leur permettrait de faire valoir leurs droits. Zacharias Massaoui, le n°1 supposé du 11 septembre, a réussi à bloquer l’enquête le concernant.
KSM, confronté aux données de son ordinateur et de son téléphone, a parlé. L’opération du 11 septembre a bien été dirigée d’Amérique. … … Il est possible que KSM n’ait livré que des agents secondaires, néanmoins certaines filières ont été démantelées. En fait on craint encore plus des actes individuels, comme ça a été le cas à Gaza. Le FBI ne pourra pas identifier tous les agents d’AL Qaeda en Amérique, mais on espère que beaucoup d’entre eux perdront leur esprit djihad, fonderont une famille, trouveront des emplois et on leur dira … "welcome to America".»


A M E R I Q U E L A T I N E


LA JORNADA (quotidien mexicain)

Va-t-on vers une union des pays d’Amérique du Sud ?

« Les chefs d’Etats des pays d’Amérique du Sud se sont rencontrés le 28 mai dernier à l’occasion de la cérémonie d’investiture à Buenos Aires du nouveau Président de l’Argentine, Nestor Kichner. Celui-ci, dans son discours, a annoncé son projet de promouvoir une union des pays d’Amérique Latine et d’abandonner le néo libéralisme. Ce projet va bien au-delà du domaine économique car il concerne aussi l’intégration politique. Nestor Kichner reprend ainsi l’idée "d’Etats Unis d’Amérique du Sud" qu’aurait bien voulu réaliser Simon Bolivar, le grand libérateur de ce continent. Cette proposition a été applaudie par beaucoup de Présidents présents, dont ceux du Brésil et du Venezuela.

Des actions en cours indiquent que ce processus est en voie d’être engagé : Le Venezuela souhaite intégrer le MERCOSUR, zone de libre échange entre les pays du cône sud; l’ensemble des pays d’Amérique Latine étudie la création d’une force militaire commune qui pourrait, par exemple, aider la Colombie à lutter contre les forces armées révolutionnaires (F.A.R.C), …

Ces propositions montrent que les pays de ce continent s’orientent vers un modèle de type européen.

LA JORNADA

Le Mexique extrade un ancien militaire argentin (extrait)

« La Cour Suprême du Mexique a confirmé l’extradition en Espagne de Ricardo Miguel Cavallo, ex militaire argentin, pour délits de génocide et de terrorisme.
Cette extradition était requise par le juge espagnol Baltazar Garzon, à la demande des victimes.
… …
Cette décision devrait faire jurisprudence pour juger à l’extérieur de l’Argentine les militaires qui ont commis de semblables délits. LA JORNADA conclut que cette extradition est fondamentale. Elle ouvre une porte nouvelle à la justice universelle et fait naître un espoir pour tous les peuples du continent latino-américain, durement touchés par les dictatures militaires.»


FEDERATION DE RUSSIE


Les IZVESTIA (quotidien russe du 14 juin)

Augmentation des revenus réels de la population russe (extrait - Ivan Atlantov)

« Les revenus réels de la population russe, pendant le premier trimestre 2003, ont augmenté de 15,7 %, a annoncé le premier Ministre de la Fédération de Russie, Michel Kassianov, aux députés de la Douma d’Etat. Il considère que le Gouvernement a réussi à ramener les revenus réels au niveau auquel ils étaient avant la crise. Le Premier Ministre a annoncé également que, au cours du premier trimestre de l’année en cours, le volume des dépôts en banque des personnes physiques avait augmenté de 10 %. … … La situation intérieure du pays ne suscite aucun doute. … … ; Même les facteurs extérieurs, comme le prix du pétrole ou les variations de change, ne peuvent pas ébranler la constitution d’un fond de réserve. »

NEZAVISSINAIA GAZETA (14 juin)

Le métro de Moscou est voué à la dégradation (extrait - Anna Skorniakova, Ivan Ssass)

« L’infrastructure souterraine tombe en ruine pendant que des sommes colossales sont investies dans les locaux des nouvelles stations.
Payer pour sa propre sécurité, c’est ce que les citadins devront faire eux-mêmes. En effet, si les moyens budgétaires vont essentiellement à la construction de nouvelles stations, les seules réserves financières du métro sont celles déterminées par les tarifs de transport. Mais l’opacité des finances du métro moscovite soulève l’inquiétude : les ressources provenant des citadins serviront-elles vraiment à garantir leur sécurité ? »


Odile Boulloche – Bernard Chadenet – Claude Gaboreau – Guy Girod Genet – Michel Kavyrchine - Henri Moullier – Marion Ordonneau – Yves Stalla-Bourdillon – François Treilhou – André Troesch