OBSERVATOIRE DES MEDIAS ETRANGERS
Novembre 2003

UN GROUPE DE MEMBRES D’ARRI SE PARTAGE LA LECTURE DE GRANDS JOURNAUX ET PERIODIQUES ETRANGERS (NEWSWEEK, THE ECONOMIST, LES IZVSTIA, DIE WELT, CORRIERE DELLA SERRA, EL PAIS, AFRICA INTERNATIONAL …ET D’AUTRES SUIVANT L’ACTUALITE) POUR DEGAGER UN PANORAMA MENSUEL DES ARTICLES DONNANT UNE IMPRESSION DE L’OPINION ETRANGERE SUR LES REALITES INTERNATIONALES. IL NE S’AGIT QUE DE TRADUCTIONS, SANS PRISE DE POSITION NI INTERPRETATION DE ARRI.

CET "’OBSERVATOIRE DE MEDIAS ETRANGERS" ET CEUX DES MOIS PRECEDENTS, SONT CONSULTABLES SUR CE SITE (rubrique "INTERNATIONAL" ).

DANS L’ACTUALITE DE CE MOIS DE NOVEMBRE 2003

LE PARTENARIAT AVEC L’AFRIQUE : UNE STRATEGIE GAGNANTE POUR LE JAPON (AFRICA international)
"OUTSOURCING", BIENTÔT L’EUROPE … (NEWSWEEK INTERNATIONAL)
BRESIL : UN PRESIDENT ACTIF SUR TOUS LES FRONTS (CLARIN, NEWSWEEK INTERNATIONAL)
LE COUPLE FRANCO - ALLEMAND : TENSIONS (INT. HERALD TRIBUNE, THE ECONOMIST)
L’ESPAGNE AUX SOMMETS (EL MUNDO, A B C, CLARIN)
OPPOSES OU MALMENES MAIS ENCORE ATTIRES (INT. HERALD TRIBUNE)
LE DROIT ET LA PUISSANCE (DIE ZEIT)

LE MELI - MELO :
(AFRICA international, CORRIERE DELLA SERA, THE ECONOMIST, INTER.HERALD TRIBUNE
LES IZVESTIA, NEWSWEEK INTERNATIONAL, DIE WELT, DIE ZEIT)

PARTENARIAT AVEC L’AFRIQUE : STRATEGIE GAGNANTE POUR LE JAPON


AFRICA international ( novembre) – mensuel africain édité à Paris (correspondants permanents en Afrique et au Moyen Orient)

T I C A D III - Nouveau regard, nouvelle approche ? (résumé - M-R. Biloa)
Le Japon entend s’affirmer au niveau international comme un acteur global et en revendiquer les prérogatives, notamment celle d’un siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU (Les Etats africains représentent un quart des votes à l’A.G. de l’ONU …). Ce n’est plus une arrière pensée, c’est devenu une ambition affichée cohérente dans ses moyens avec les attentes de la majorité des pays du continent africain.

La troisième édition de la TICAD (Tokyo International Conférence on African Development) a réuni les représentants de 89 Etats, dont 50 d’Afrique. Tenue pour la première fois en 1993, au lendemain de la chute du mur de Berlin, la TICAD allait à contre courant du désintérêt des puissances occidentales pour l’Afrique, au profit des pays de l’Est, en proclamant la nécessité d’accroître l’aide au développement.

"Ce que la TICAD défend depuis le début", a résumé le Premier Ministre éthiopien Meles Zenawi, "c’est l’urgence de placer le devenir de notre continent au cœur de l’agenda global, de promouvoir une autre approche du développement, d’appuyer le processus d’appropriation et de partenariat et de soutenir la coopération Sud-Sud en général et Asie-Afrique en particulier."

"Cette TICAD III est un sommet symbolique dans l’histoire de l’initiative japonaise", a souligné l’ancien Premier Ministre japonais Yoshiro Mori, c’est beaucoup plus qu’un marché d’opportunités économiques pour l’ancien maître colonial des sommets France - Afrique ou pour les hommes d’affaires américains des sommets Afrique - Etats Unis ; La TICAD, en dix ans, a su se présenter comme une approche, globale pragmatique dont les objectifs sont clairement affichés par le gouvernement japonais :
devenir un acteur de premier plan sur la scène internationale en participant de manière décisive au développement du continent qui en a le plus besoin.

La grande vedette de la TICAD III a été le "NERICA" dont les pères, et en premier lieu le chercheur nigérian Kanayo F. Nwanze, ont fait l’objet d’un intense intérêt médiatique. Ce "New Rice for Africa" (fruit d’une coopération afro-nippone avec le concours du PNUD et de la Banque Mondiale) est une nouvelle variété de riz qui associe la robustesse des riz d’Afrique de l’Ouest à la grande productivité des riz asiatiques, avec un cycle de croissance de 90 jours au lieu de 140 et une teneur en protéines particulièrement élevée. Il est expérimenté au Bénin, en Côte d’Ivoire, en Gambie, en Guinée, au Mali, au Nigeria et au Togo. Il devrait permettre à terme de réduire les importations de riz des pays africains (25 % du total de leurs importations).

Le Japon a annoncé la mise en place de crédits d’environ 2 milliards de dollars pour la construction d’écoles et la formation professionnelle en Afrique et une remise de dette de trois milliards de dollars aux pays très endettés. Les autres secteurs d’intervention seront l’organisation en partenariat de l’enseignement des sciences et des mathématiques, la santé, l’approvisionnement en eau potable et l’agriculture. Le Premier Ministre du Japon a indiqué d’autre part que, sur la décennie écoulée, son pays avait fourni
12 milliards de dollars d’aide aux pays d’Afrique, accueilli dans l’archipel plus de 10 000 stagiaires et envoyé 7 000 experts sur le continent africain.


" O U T S O U R C I N G ", B I E N T Ô T L ’ E U R O P E …


NEWSWEEK INTERNATIONAL (10 novembre)

Des profits sans retombées sur les emplois (extrait – Karen L. Miller)
« Depuis 23 mois, que l’Amérique est officiellement sortie de la récession, près de 2 millions d’emplois ont disparu. C’est le "Jobless Recovery" (reprise économique sans création d’emplois).
Les raisons principales de ce phénomène proviennent d’une globalisation qui atteindra tôt ou tard le reste du monde développé qui devra, lui aussi, aller chercher ailleurs une main d’œuvre moins chère (c’est l’outsourcing ? appel à une "source" extérieure de fabrication, de maintenance, d’ approvisionnement, etc…)

La Chine devient une usine mondiale à laquelle s’adressent les entreprises américaines, européennes et japonaises ; L’Internet facilite "l’outsourcing", même pour des services de haute technologie, tels que ceux proposés par l’Inde et les Philippines.

L’Europe et l’Asie sentiront, elles aussi les effets de cette pression globale. L’expert européen de Morgan Stanley pense que, dans le court terme le chômage va baisser, de 9 à 5 %, avec à une reprise de la croissance de moins de 2 % en 2004. Les entreprises européennes pratiqueront, elles aussi, "l’outsourcing" ; l’Allemagne se tournant vers l’Europe de l’Est et la France vers des pays francophones comme le Maroc. Mais dans le moyen et le long terme le chômage reprendra.

Il est possible que la démographie vienne amender les effets de l’économie. En Amérique les "baby boomers" ont ajouté 27 millions de travailleurs, nés américains, au pool de l’emploi. En Europe et au Japon le pool de l’emploi va rétrécir encore plus tôt alors que les nouvelles technologies vont nécessiter des travailleurs hautement qualifiés. "Les entreprises intelligentes seraient bien inspirées d’embaucher et de former les meilleurs jeunes dès maintenant. Dans 10 ans il sera trop tard" dit l’économiste de Harvard, David Ellwood, spécialiste de l’histoire du travail, mais "Si suffisamment d’entreprises suivent ce conseil, l’histoire de l’emploi pourrait avoir une fin heureuse." »


BRESIL : UN PRESIDENT ACTIF SUR TOUS LES FRONTS


NEWSWEEK INTERNATIONAL (3 novembre)

La révolution raciale au Brésil (extrait – Mac Margolis)
« Le Brésil a 175 millions d’habitants dont 46 % sont venus d’Afrique. Après cinq cents ans d’apports européens, noirs, indiens et asiatiques, cette nation a 100 visages et toutes les couleurs.
Les préjugés règnent mais, la discrimination n’ayant jamais été légale, les Brésiliens se sont persuadés d’avoir atteint une "démocratie raciale" alors que les emplois supérieurs, publics ou privés, étaient occupés par des blancs.

Grâce au Président Lula da Silva on va enfin instituer "l’Affirmative Action" (La "discrimination positive", introduite notamment dans les années 50 aux Etats Unis et à la fin des années 60 dans des Etats d’Afrique).
Lula a donné la consigne à trois ministères de réserver 20 % des postes supérieurs à des noirs. La ville de Sao Polo leur réserve 30 % des emplois municipaux. L’Université de Rio a bloqué 40 % des admissions pour les noirs et même 50 % pour ceux issus d’écoles publiques. Cette dernière mesure, trop rigide, a cependant due être amendée, le système voulant que l’entrée à l’Université soit conditionnée par l’obtention du "vestibular" (# baccalauréat), un diplôme auquel les écoles publiques ne sont pas à même de préparer convenablement leurs élèves. … …
Toutes ces mesures suscitent des litiges que la Cour Suprême étudie, mais on peut espérer que, désormais, "l’Affirmative Action" entrera dans les mœurs brésiliennes. »

CLARIN (16 novembre – Argentine)

Sommet ibéro - américain
En marge du sommet ibéro-américain des 14 et 15 novembre derniers, Le Président Ignacio Lula da Silva, qui a trouvé un nouvel allié en la personne du Président argentin Nestor Kirchner, a lancé un appel aux autres chefs d’Etat afin qu’ils se mobilisent pour créer une union et instituer une souveraineté régionale permettant de résister aux pressions du géant d’Amérique du Nord, les Etats Unis.

Une bataille est en train de se livrer à propos du projet de zone de "libre marché des Amériques" (ALCA), que les Etats Unis veulent étendre de l’Alaska à la terre de feu. Face ce projet, "il faut s’unir", déclare Lula da Silva, "car l’enjeu ne concerne pas que le commerce."

Au cours de ce sommet le Brésil a aussi lancé l’idée d’une défense régionale. Un Ministre brésilien a même lancé en boutade "Si les sud-américains n’aident pas la Colombie, ce pays sera occupé par les Etats Unis. et une fois qu’ils seront là, jamais ils n’en repartiront."


LE COUPLE FRANCO – ALLEMAND : TENSIONS


HERALD TRIBUNE (4 novembre)

Une odeur de réserve et d’embarras devant des liens trop étroits avec Paris (résumé - John Vinocur)

Ulrike Guerot, de "l’Institut de Recherche du Conseil Allemand en Relations Etrangères", estime que le couple franco-allemand n’a, en réalité, aucune chance d’exercer seul un rôle de leadership en Europe. Elle a déclaré que le concept en lui-même était dangereux pour l’Allemagne car il contrarierait les liens traditionnels avec les Etats Unis et l’Angleterre, et viendrait compromettre les relations allemandes avec les pays de l’Est et du Centre de l’Europe qui seront bientôt membres de l’Union Européenne et de l’OTAN. Christoph Bertram, Directeur de la Fondation allemande des sciences politiques émet le même message, mais de façon plus explicite encore. Il souligne que ces inquiétudes sont de plus en plus ouvertement partagées, notamment dans les milieux diplomatiques et militaires.

John Vinocur cite également des articles du FRANKFURTER ALLGEMEIN ("Si l’Allemagne veut avoir un rôle à jouer en Europe, elle ne doit pas se laisser représenter par la France …"), du SUDDEUTSCHE ZEITUNG ("En dépit des rêves de Chirac imaginant une Europe faisant contrepoids à l’Amérique, la réalité est que les
Etats Unis sont une puissance européenne qu’on ne peut pas écarter … d’ailleurs l’Allemagne a toujours eu besoin de la présence américaine."), … …

p.m : Le 25 octobre dernier THE ECONOMIST (Angleterre) avait consacré une pleine page aux relations franco-allemandes, avec un éclairage identique, sous le titre : "A la manière du monstre de Frankenstein la relation franco-allemande a l’art de paraître morte puis de ressusciter soudainement pour bondir de nouveau sur tout ce qui l’entoure"


L ’ ESPAGNE AUX SOMMETS


EL MUNDO (7 novembre - Espagne)

"Sommet franco - espagnol" du 6 novembre 2003 (résumé)

Le sommet Franco – Espagnol de Carcassonne était le dernier auquel participait José Maria Aznar. Tenu dans un climat cordial il a permis à Jacques Chirac, de rappeler le bond en avant que son hôte a fait faire à l’Espagne pendant ses deux mandats et de lui apporter son soutien dans la réprobation sans appel du "plan Ibarrexte", initiative du parti autonomiste basque allant vers une sécession du pays basque espagnol, incluant même la partie française. Des avancées importantes dans la coopération policière et judiciaire entre les deux pays sont intervenues à l’occasion de ce sommet.
Le Président Chirac devait encore déclarer que "la France et l’Espagne étaient des sœurs" tandis que le Jose Maria Aznar concluait son allocution finale par une plaisanterie : "La France me plaît tellement que je suis tombé amoureux de Nice !"… Allusion à leur divergence, bien identifiée, sur le projet de Constitution européenne pour laquelle le chef du gouvernement espagnol voudrait garder les conclusions de l’accord européen de Nice.

A B C (9 novembre – Espagne)

"Sommet Espagne - Portugal" du 8 novembre 2003 (résumé)
Lors de ce sommet ibérique Jose Maria Aznar et Durão Barroso ont annoncé la réalisation, d’ici 2015, de quatre liaisons par TGV entre leurs deux pays. Ce projet, qui mettra entre autre Lisbonne à 2 h.45 de Madrid, comprendra 1 300 km de voies ferrées nouvelles. Son coût est estimé entre 7 et 10 milliards d’€uros. L’Espagne et le Portugal vont présenter le dossier à la Commission Européenne afin qu’il puisse être retenu avant la fin de 2003, parmi les dix projets de voies ferrées européens, dits prioritaires, bénéficiant de fonds communautaires.
L’autre décision importante de ce sommet est la mise en place d’un marché libre de l’électricité dans toute la péninsule ibérique. L’ambition est d’améliorer la compétitivité des entreprises d’électricité des deux pays, espérant ainsi offrir un meilleur service aux usagers.
Ce XIXème sommet confirme, la volonté des deux pays de renforcer leur intégration et les progrès de leur coopération, bien meilleure que dans le passé ; Ils peuvent servir de modèle à d’autres pays européens.
Le contexte politique de ce sommet entre les deux chefs de gouvernement a été qualifié d’historique par l’importance donnée aux relations ibériques.

CLARIN (16 novembre – Argentine)

"Sommet ibéro - américain" des 14 et 15 novembre 2003 (résumé)
Le sommet annuel des pays latino-américains, auquel participe l’Espagne, s’est tenu à Santa Cruz, en Bolivie, en présence de 21 chefs d’Etats. Le Roi d’Espagne et le Secrétaire général de l’ONU étaient invités. Un accord en 45 points a été signé. Son premier article stipule que "l’Amérique Latine n’a qu’un moteur possible de développement : L’intégration sociale".
C’est un nouveau langage par rapport aux sommets précédents.
Le document signé précise que les conditions de pauvreté et d’exclusion constituent des champs fertiles pour la déstabilisation sociale et politique et que les demandes sociales non satisfaites constituent une menace pour la "gouvernabilité".

L’exemple récent de la Bolivie vient encore de le démontrer. Le Secrétaire général de l’ONU, Koffi Annan, a pour sa part souligné que le nombre de pauvres en Amérique Latine avait augmenté en valeur absolue et qu’il représentait aujourd’hui 43 % de la population.

La déclaration finale mentionne aussi la volonté de renforcement du rôle de l’O N U dans les domaines du respect du principe international de non intervention et de l’interdiction d’utiliser la force dans les relations internationales. Elle mentionne également la volonté des participants de voir le Conseil de Sécurité de l’ONU réformé et élargi à de nouveaux membres. … …


OPPOSES OU MALMENES MAIS ENCORE ATTIRES


INTERNATIONAL HERALD TRIBUNE (13 novembre)

La fissure n’est pas encore complète (résumé – Elaine Sciolino)
La fissure franco-américaine à propos de l’Irak est plus complexe que les apparences. L’essence même des relations entre les deux pays est en échec. Cependant l’examen attentif des relations suggère que la répulsion et le désenchantement sont plus que compensés par l’attrait, la curiosité et l’envie. Tandis que les critiques de l’Administration Bush occupent les médias, les milieux d’affaires applaudissent souvent les Etats Unis et les jeunes continuent à penser que l’Amérique demeure un continent d’opportunités.

Alors que les Etats Unis se sentent plus menacés, l’Europe se sent moins exposée. Cette différence a explosé avec l'Irak. Citant le dernier ouvrage de Stanley Hofman, Elaine Sciolino considère que le gouvernement français n’a pas compris à quel point le contexte était nouveau. Mais une autre nouveauté est aussi intervenue : la France, comme de nombreux autres pays européens, a abandonné des éléments de souveraineté au profit d’institutions multilatérales comme l’Union Européenne ou la Cour Pénale internationale.

La journaliste cite ensuite des exemples contrastés d’attitudes des Français, comme l’enseignement "d’esprit pro-américain" de HEC, le nombre important de français dans la Silicon Valley, le contraste entre l’internationalisme de la direction de Michelin et le provincialisme de Clermond- Ferrand, et, en contrepoint, le mépris de la France pour l’Amérique dans le domaine de la culture.


Suit un inventaire de "ce qui marche" et de "ce qui ne marche pas". Beaucoup de domaines de coopération continuent à fonctionner : l’arrestation en juin du terroriste allemand Ganezarski ou l’appréciation du Directeur du contre-espionnage français, sur la collaboration avec le F B I et la C I A, qui s’est renforcée depuis le 11 septembre et que l’Irak n’a jamais perturbée, en sont des exemples. Mais, plus de 6 mois après que George W. Bush ait déclaré la guerre à l’Irak, une extrême tension avec la France perdure.

INTERNATIONAL HERALD TRIBIUNE (19 novembre)

Irak, promesses non tenues (résumé – Mark Brzezinski et Mario Nicolini)
Les journalistes soulignent l’engagement particulièrement courageux des dirigeants de "la nouvelle Europe" au coté des Etats Unis, avant et pendant la guerre en Irak. Leurs contacts, avec des responsables américains de haut niveau, les avaient convaincus qu’ils auraient leur place, après la guerre, dans la phase de reconstruction de l’Irak. Cela semblait d’autant plus raisonnable que de nombreux ingénieurs polonais, hongrois, ukrainiens et d’autres encore, avaient, pendant la guerre froide Est-Ouest, largement contribué au développement de l’infrastructure du pays : centrales électriques, aéroports, ponts, etc … mais, depuis la fin de la campagne, pas un seul contrat n’a été confié à une société de "la nouvelle Europe", alors que Bechtel et Halliburton ont déjà ramassé des contrats s’élevant à plus de 3 milliards de dollars. M. Brzezinski et M. Nicolini déplorent cette politique et craignent que les Etats Unis finissent par décourager tous leurs alliés … dont ils ont pourtant grand besoin.

Leur crainte ne semble pas se confirmer puisque le même journal publie, trois jours plus tard, une déclaration des dirigeants de pays du Centre et de l’Est de l’Europe, réunis à Varsovie et auxquels s’étaient joints l’Autriche et l’Italie : "Les liens transatlantiques constituent le fondement de la sécurité et de la stabilité en Europe et contribuent aussi à supprimer d’anciennes lignes de division"


LE DROIT ET LA PUISSANCE


DIE ZEIT (22 novembre)

Europe et Amérique : après l’épreuve de force, le désenchantement (résumé)
Selon Clausewitz, derrière le brouillard de la guerre, il y a deux conflits : Le premier concerne la répartition du pouvoir dans le monde, le second la réglementation mondiale au XXIe siècle.
Les Américains s’appuient sur la puissance, à laquelle manque le droit, les Européens sur le droit, auquel manque la puissance. Le Conseil de Sécurité serait-il l’instance suprême ?

On oublierait que dans cet organisme siègent des représentants des Etats avec des directives intéressées. Des régimes non légitimes devraient-ils avoir la garde du droit ? Des dictateurs devraient-ils porter des jugements sur leurs pareils ? Ce forum n’est pas une cour de justice, car les juges jugent dans leur jardin.

Comment régler le droit international avec les groupes terroristes qui se retranchent derrière la souveraineté des pays d’accueil ? que faire avec les despotes qui cherchent à acquérir l’arme nucléaire ? Leurs victimes potentielles doivent-elles attendre la première attaque ? ou un tel Etat doit-il exercer une action préventive ?

La nouvelle puissance, au XXIe siècle (qu’il s’agisse d’Etats possédant des armes non conventionnelles ou de "non–Etats" avec des armes conventionnelles, qu’il s’agisse de guerres civiles ou d’Etats), ne se laisse plus appréhender par le droit international classique. Il serait ridicule de le jeter aux oubliettes mais quand de nouvelles situations émergent, le droit doit être modifié pour s’y adapter.

Et qui écrit le droit ? Les Etats, car il n’y a pas d’autres législateurs. Pas Saddam Hussein ni Kim Jong II, mais les habituels Etats qui y ont intérêt. Où peut-on les trouver ? Principalement en Europe dite de l’Ouest, bien qu’une partie toujours plus grande de l’Est en fasse partie. Cet "Ouest" se base à nouveau sur le droit des Etats mais le recours à celui-ci n’est-il pas impensable sans la puissance ?
"La pure force ne protège pas contre la bêtise, la pure morale ne protège pas contre l’inanité."

MELI – MELO

Afrique / Proche Orient


NEWSWEEK INTERNATIONAL (24 novembre)

IRAK - Premièrement : Résoudre le problème sunnite (extrait - Fareed Zakaria)
« … … Le problème politique auquel les américains doivent faire face est simple : une part significative de la société a peur de l’avenir dans un Irak rénové ; il s’agit des Sunnites. Ils ont fourni l’élite des dirigeants depuis 500 ans, sous les Ottomans puis sous les Anglais. Or les Américains avaient annoncé leur soutien des Chiites ( 60 % de la population) et des Kurdes pendant les mois qui ont précédé la guerre. Donc quand les Sunnites entendent parler de la démocratie en Irak ils pensent tyrannie chiite et ils savent à quoi s’en tenir. Mais les Sunnites ont aussi de bons cotés : ils ont fourni la majorité des hommes politiques, des généraux, des marchands, des professeurs et des médecins. Ils peuvent aider à la construction d’un nouvel Irak et ils peuvent aussi lui ôter toutes ses chances. »

AFRICA international (novembre)

Les bailleurs de fond plus timorés pour l’Afrique que pour l’Irak … (Mark Malloch Brown, Administrateur général du PNUD)
« Dans le cas de l’Afrique, on fait ressortir des problèmes de gouvernance, de gestion économique ou de guerre civile pour refuser de lui fournir davantage de moyens. En Irak on évoque la même situation chaotique pour justifier le versement de sommes plusieurs fois supérieures aux aides allouées à l’Afrique. »

Gabon : les gemmes à la rescousse de l’or noir (Résumé - Antoine Nkolo)
" Si la baisse tendancielle de la production pétrolière se poursuit, la situation économique nouvelle qui va être observée dans notre pays d’ici 2004, sera marquée pour la première fois par une inversion historique : les ressources issues du pétrole seront inférieures aux ressources non pétrolières" a déclaré René Ndemezo’o Obiang, Ministre chargé des relations avec le parlement.

Le manganèse, l’or, le magnésium, le nobium, le phosphate et surtout les diamants sont les principaux minerais qui n’attendent que d’être exploités … sous réserve de financements, car pour valoriser ces ressources il faut créer des industries, acquérir du matériel adapté aux conditions locales d’extraction, former du personnel qualifié, etc …

"Simple fait divers" (résumé - Modeste Guede)
Le 21 octobre, un journaliste de RADIO FRANCE INTERNATIONAL, Jean Hélène, qui attendait la sortie de réunion de personnalités ivoiriennes proches de l’opposition, pour les interviewer, a été assassiné de sang froid, par un sergent de police, Jean Dago, qui appartient à un corps chargé de la protection des personnalités politiques ivoiriennes.
Ce meurtre s’inscrit dans la trop longue liste des victimes de Laurent Bagbo : exécution de 57 membres présumés de l’opposition peu après son élection, assassinats de musulmans du Nord et d’immigrés par les "Escadrons de la mort", meurtres de personnalités comme le général Gueye, sa famille et son aide de camp, le capitaine Fabien Coulibaly, le docteur Dacoury Tabley, etc…

Ce crime a soulevé indignation et émotion dans l’ensemble des médias africains. En particulier sa qualification de "simple fait divers" par le TEMPS (journal d’Abidjan proche du pouvoir), parfaitement inadmissible, et l’absence de condamnation officielle, ont été interprétés comme une volonté délibérée de Laurent Gbabo de défier la France …

Le 28 novembre, L Gbabo, remercie la France de son action en RCI et sollicite la poursuite de son intervention. Comme Jean Hélène l’avait écrit, "Tout cela est de plus en plus confus"…


A m é r i q u e L a t i n e

NEWSWEEK INTERNATIONAL (3 novembre)

Le dernier mot : le pont entre les arts et la politique (extraits - interview de Mario Vargas Llosa par Joseph Contreras)
Mario Vargas Llosa, un des romanciers parmi les plus réputés dans le monde, se qualifie de "radical-libéral". Ce Péruvien de 67 ans prône les vertus du libre échange, ce qui n’est généralement pas bien vu en Amérique Latine…

J C : L’Amérique Latine témoigne d’un contre-courant anti-libéral ; pourquoi continuez-vous à défendre une politique libérale ?
M V L : Cette politique marche très bien quand elle est convenablement mise en œuvre ; Le Chili en est un exemple frappant alors que le Pérou, sous Fugimori, ou l’Argentine, sous Carlos Menem, n’ont pas connu un vrai système libéral. Ils ont privatisé des sociétés pour s’enrichir, eux et leurs amis.
… …
J C : Vous avez été très critiqué pour votre rupture avec Castro ; Vous sentez-vous soutenu ?
M V L : C’est très difficile de continuer à défendre un régime qui commet tellement d’abus horribles, sauf si vous êtes sectaire, aveugle ou dogmatique
J C : Vous avez exprimé vos soucis, quant aux libertés civiles aux Etats Unis, après le 11 septembre … qui assume le plus de responsabilités ?
M V L : Je parle surtout du Ministre de la Justice, John Ashcroft, qui ressemble plus à un leader religieux qu’à quelqu’un chargé de faire respecter la loi … quand je l’entends, j’ai l’impression d’écouter un imman de Bagdad
J C : Vous avez juré de ne plus vous représenter à une élection après votre première défaite contre Fugimori en 1990. Etes-vous parfois tenté de recommencer ?
M V L : Jamais. Je me suis impliqué en politique en tant qu’écrivain … pas comme professionnel de la politique.


E t a t s U n i s


NEWSWEEK INTERNATIONAL (24 novembre)

Le syndicalisme est-il mourant ou en train de renaître ? (extrait – Jonathan Alter)
« Vous devriez connaître Andy Stern. Il est le n°1 du plus grand syndicat américain, le "Service Employees International Union – SEIU", qui est aussi celui qui grandit le plus vite. Il y a 50 ou 100 ans tout le monde en aurait parlé mais, pour les médias, de nos jours le syndicalisme est mourant. Il n’y a que 8,2 % de travailleurs syndiqués dans le privé. Néanmoins Andy Stern a secoué le monde politique en fusionnant, la semaine dernière, avec l’AFSCME (le plus important syndicat de fonctionnaires) et en annonçant qu’il soutenait la candidature de Howard Dean ; … … Ce qui maintient vivant le syndicalisme c’est le pillage provenant de la couche supérieure. La politique de "récompenser les riches" de Bush a créé une conscience de classe pour la première fois aux Etats Unis. Les travailleurs réclament la sécurité sociale pour tous et de l’argent pour faire des études supérieures.
… … L’ histoire réserve toujours des surprises. Andy Stern a entendu les paroles de Bob Dylan : "Vous êtes toujours en train de naître ou en train de mourir". Dans un an nous saurons à quoi nous en tenir. »

THE ECONOMIST (15 / 21 novembre)

Howard le "canard" - "A moins qu’il parvienne à changer d’une manière spectaculaire, Dr Dean serait une erreur pour les Démocrates" (résumé)
On observe dans le Parti démocrate un remue ménage inquiétant devant l’émergence de Howard Dean. Il représente l’aile gauche du parti démocrate et tous ceux qui nourrissent une haine implacable de Bush et une grande méfiance à l’égard des centristes du Parti.
Les démocrates modérés, inquiets, commencent à rappeler l’expérience de George Mc Govern en 1972 : Sa violente opposition à la guerre du Vietnam avait soulevé l’enthousiasme des troupes démocrates, mais c’est Nixon qui avait été élu. Le problème des démocrates est qu’ils n’ont guère d’alternatives : L’enthousiasme du début en faveur de Clark est retombé, Liebermann patauge et Edward semble manquer d’expérience. Conclusion de THE ECONOMIST : "Si ils veulent vraiment détrôner Bush, le Parti démocrate ou Dr Dean doivent changer de cap et agir vite."

p.m : Sur ce même thème, W. Safire avait signé un éditorial dans le Hérald Tribune du 13 novembre : "Dean crée la panique chez les démocrates".

NEWSWEEK INTERNATIONAL (17 novembre)

Une guerre des prix dont nous n’avons pas besoin (extrait : Robert Samuelson)
« Bientôt l’O M C va rendre son verdict concernant les droits de douane sur l’acier imposés par l’Amérique en mars 2002. Si le Président croit vraiment en la reprise il lèvera ces droits plutôt que d’aller vers une confrontation stupide avec des partenaires commerciaux conduits par l’Union Européenne.
Et si on maintient les droits de douane ?
- On estime que pour préserver 3 500 emplois dans l’acier, on risque d’en perdre 12 à 43 000 dans l’industrie mécanique.
- L’Union Européenne va user de représailles, comme elle en a le droit selon les règles de l’O M C. Elle pourrait imposer des droits de douanes sur les 2,2 milliards d’exportations américaines (l’acier, les fruits, le papier et la lingerie féminine). … … »

INTERNATIONAL HERALD TRIBUNE (27 novembre)

Les Américains ont des raisons de se montrer reconnaissants (résumé d’un éditorial de David Brooks)
Après une longue période de convergence entre l’Europe et les Etats Unis, la situation a considérablement évoluée depuis le milieu des années 80. Les Américains travaillent aujourd’hui l’équivalent de 9 à 10 semaines de plus par an que la moyenne Européenne; le taux de fertilité est près de 2 enfants par femme aux Etats Unis et le chiffre équivalent en Europe, de 1,4, continue à descendre; l’écart de revenu par tête a crû au détriment de l’Europe au cours des 20 dernières années et pendant le même temps la productivité américaine a augmenté de plus de 5 % par an.

La principale différence tient au fait qu’au cours des deux dernières décennies les Etats Unis ont absorbé environ 20 millions d’immigrants. Ceci pose des problèmes, mais à terme nous garantit de rester un pays jeune, ambitieux et dynamique. En 2050, l’âge moyen de la population américaine sera de 35 ans, contre 52 en Europe.
D’autre part, dans un livre à paraître, "The Progress Paradox", Gregg Easterbrook relève entre autre que l’air est moins pollué, l’eau plus pure, que la surface moyenne de l’habitat a doublé en une génération, qu’il y a un pourcentage record de propriétaires et qu’il y a même moins d’accidents mortels de circulation qu’en 1970 bien que le nombre de km parcourus ait augmenté de 75 %.
En résumé, en dépit des critiques et des prévisions sinistres dont ils ont fait l’objet, les gouvernements de "Centre-Droite" qui se sont succédés pendant ce quart de siècle ont fait des Etats Unis une nation relativement bien gérée.

R u s s i e

NEWSWEEK INTERNATIONAL (24 novembre)

Le retour du KGB (résumé - Frank Brown)
Poutine, l’ancien colonel du KGB a mis des hommes à lui partout : les "silivokis", c’est à dire les anciens officiers du KGB, devenu le FSB. La Russie est divisée en sept districts dont cinq sont dirigés par des silivokis. Poutine en a également placés dans tous les ministères. Une sociologue de Moscou, Olga K., dit : "Dans le passé nous avions un Etat totalitaire socialiste, désormais nous aurons un Etat totalitaire capitaliste". C’est peut-être une vision trop entière. "Certains analystes estiment que les silivokis sont aussi divisés que n’importe quel groupe politique – et peut-être moins corrompus ?"

LES IZVESTIA (15 novembre)

Soyez tranquilles (résumé)
Vendredi, le Président russe a tendu la main aux hommes d’affaires. Il a fini par venir au congrès de "l’Union Russe des Industriels et Entrepreneurs". La veille, la forme du dialogue entre le leader de la Nation et les leaders économiques avait fait l’objet d’un accord : Poutine venait en personne au congrès, en échange les oligarques ne citaient pas les noms de IOUKOS et de KHODOROVSKI. Les deux parties ont tenu leurs promesses. La question la plus importante n’a pas été posée au Président, mais celui-ci y a répondu : "Un retour vers le passé n’aura pas lieu. C’est impossible". Après des paroles chaleureuses à l’adresse des entrepreneurs, qui "pendant les années difficiles de la dernière décennie ont tiré en avant l’économie du pays", le Président est passé aux problèmes actuels. Le plus important est la réforme administrative.

Le Président a promis qu’elle aurait lieu "quoi qu’il arrive ".

Union Européenne


DIE ZEIT (6 novembre 2003)

Le jugement de Bruxelles : La Turquie, proche de l’objectif sur la voie des négociations à l’adhésion.
Une année après son entrée en fonction, le gouvernement islamiste de Recet Tayyip Erdogan a une image mitigée. D’une part, Verheugen salut "un effort politique de réformes énorme", d’autre part, il déplore "l’obstruction pratiquée par l’appareil d’Etat". Pour le commissaire de l’U.E, le rapport de cette année ne doit pas être interprété comme une pré-décision. En même temps il fait l’éloge de la Turquie et souligne que "Le gouvernement actuel a besoin de la perspective européenne, pour que les réformes réunissent une majorité dans le pays"

Au sein du gouvernement, le Président Erdogan ne voit que "des prétextes" dans les critiques de la Commission. Son Ministre des relations extérieures, Gül, s’est félicité de l’objectivité du rapport et a admis que beaucoup de réformes en étaient encore au stade du papier …
En Turquie les élites sont conscientes que le plus lourd travail n’a pas commencé : jusqu’au fond de l’Anatolie, coutumes et usages doivent être adaptés au droit européen –comme par exemple le mariage de contrainte dans l’enfance-. Une tâche considérable.
Cette procédure devient la plus longue de l’Histoire de l’U.E, plus que pour l’Espagne ou pour l’élargissement à l’Est. Il est tout à fait imaginable qu’un jour les Turcs s’en lassent …

CORRIERE DELLA SERA (Italie) 17 novembre

L’Université, la maison où n’habitent pas les scientifiques
« … … La fuite des cerveaux est la conséquence de la nature de notre Université. Chacun imagine que dans une Université les professeurs passent leur temps à faire de la recherche et que lorsqu’ils se rencontrent, ils discutent de problèmes scientifiques avec animation, passion.
Non. L’Université italienne n’est pas un cénacle culturel, scientifique, un creuset d’idées. Je ne me rappelle pas, dans ces trente dernières années, une seule fois, une seule , que, me trouvant avec quelques collègues, chacun se soit mis à parler de quelque problème scientifique. Pas même dans un souper. Ni même d’ailleurs dans un congrès, parce que quasiment tous restent dans les couloirs pour préparer des manœuvres pour les concours, pour élire des présidents, des recteurs ou pour conclure des accords politiques. Les vrais scientifiques, dans la solitude, restent en dehors de ces manigances. Ils restent entre eux, passant leur temps dans les laboratoires à étudier, à écrire et partent à l’étranger.

Ceux qui occupent la scène, qui décident, qui organisent, sont les autres. »

CORRIERE DELLA SERA 17 novembre

Le Pape : des ponts, pas des murs (Luigi Accatoli)
« Le Pape Wojtyla a répété hier sa ferme condamnation de l’œuvre néfaste du terrorisme en Irak, Turquie et Terre sainte mais il a surtout protesté contre la construction du mur, voulu par le gouvernement d’Israël pour délimiter la zone palestinienne, qui constitue un nouvel obstacle sur la route vers une paix commune et il a conclu que "ce n’était pas de murs qu’avait besoin la Terre Sainte mais de ponts" … … »

DIE WELT (6 novembre 2003)

Des articles dans toute la presse allemande sur le discours du député CDU, Martin Hohmann, qui a déclaré que le ralliement des juifs russes aux bolcheviks, pendant la révolution russe, pouvait leur valoir le qualificatif de "peuple coupable" souvent attribué aux Allemands.

Le mécanisme du scandale ( résumé - Alain Posener)
Personne n’obligeait le député CDU à réfléchir à voix haute, précisément le jour de l’unité allemande, sur le fait de savoir si les allemands sont un "peuple coupable". Ce mot stupide n’a pas sa place dans la discussion politique actuelle, mais M. Homann s’est étendu sur la question de savoir si on ne pourrait pas avoir de bonnes raisons d’attribuer aux juifs le même qualificatif de "peuple coupable". Avec une réponse négative aux deux questions : Les Allemands seraient aussi peu un "peuple coupable" que les juifs. Une disculpation pour laquelle peu de juifs remercieront. D’autant plus qu’à travers cette culpabilité collective des juifs transparaît la conception raciste d’un "peuple juif" international.
Lorsque le scandale est là, on dit : On peut tout de même critiquer les juifs, au moins poser des questions. Les juifs sont-ils tabous ? N’y a-t-il plus de liberté dans ce pays ? ainsi est atteint l’objectif de l’exercice.

Les juifs ne sont en aucun cas un tabou, qu’ils s’appellent maintenant Ariel Sharon, Michel Friedman ou Paul Spiegel et nulle part n’existe une tradition de l’autocritique autant ancrée que chez les juifs.

La Gauche instrumentalise des incidents comme l’affaire Homann, pour restructurer son image ébranlée du monde, pour placer comme d’habitude l’ennemi à droite et mettre en scène ses cris de protestation …
Que, peu avant la guerre en Irak, la Gauche ait parlé, des néo conservateurs comme "d’une cabale juive" qui régnerait sur la Maison Blanche, est oublié …

Odile Boulloche – Bernard Chadenet – Claude Gaboreau – Guy Girod Genet – Michel Kavyrchine -- Henri Moullier – Marion Ordonneau – François Treilhou – André Troesch