Conférence du 21 mai 2003 -


La Slovénie : un exemple en Europe centrale

par Magdalena TOVORNIK, Ambassadeur de la République de Slovénie

L’histoire d’une Slovénie indépendante remonte seulement à 1991, date de sa sortie de la Fédération yougoslave, mais la mémoire collective de ce pays est empreinte du souvenir de l’époque de Charlemagne où il était une principauté autonome. L'identité slovène a bénéficié de la substitution par Napoléon du slovène à l'allemand comme langue écrite et langue enseignée puis, plus récemment, du respect manifesté par Tito à l'égard des identités des Républiques yougoslaves.

L’expérience de l’existence de minorités slovènes vivant en Autriche, en Hongrie ou en Italie ainsi que de migrations issues de ces pays, a conduit la Slovénie à signer toutes les conventions cadres concernant le respect des minorités. Mais c’est aussi le fait d’avoir, depuis le VIème siècle, toujours « appartenu » à de grandes puissances, empire austro-hongrois, empire napoléonien, qui fonde cette sensibilité au statut des minorités.

La Slovénie est le plus riche des pays d’Europe centrale : à l’époque où elle faisait partie de la Yougoslavie, son PNB représentait 30% de celui de la Fédération avec seulement 10% de la population. Son PNB par habitant est de 17 000 €, équivalent à celui de l'Espagne, et ce, sans aucune aide de l'Union européenne.

Le tournant politique eut lieu en 1990-1991 : la constitution yougoslave prévoyait que chaque pays pouvait organiser un référendum pour demander son autonomie. Après référendum, celle-ci fut donc proclamée en 1991 et, si les troupes yougoslaves entrées en Slovénie occasionnèrent des pertes humaines, on n’ose parler de guerre à côté de ce qui se passa par la suite en Bosnie, en Croatie et au Kosovo. La Slovénie, avec ses deux millions d’habitants, apprécie l'appui de la France pour l’élargissement à 25. Mais ce processus demandera du temps.

La France est le deuxième investisseur économique en Slovénie où se sont implantés Renault, la Société Générale, Leclerc, Vivendi…

La Slovénie a voté massivement le 23 avril dernier en faveur de son adhésion à l’Union européenne (90% de oui) et à l'OTAN (60% de oui). Elle ne voit pas l’adhésion à l’Union uniquement comme l’entrée dans un marché mais comme participation à des valeurs communes : paix, culture et progrès. La politique étrangère et de sécurité commune doit constituer l'aboutissement d'un processus continu qui a besoin de temps.

Notes de Monique Guyard