DEJEUNER-DEBAT DU 14 décembre 2001


Des résultats exceptionnels

par Yves COUSIN, Vice-Président de General Electric International

General Electric est, de toutes les societés internationales, celle qui a obtenu, au cours des dernières années, les résultats les plus remarquables en ce qui concerne tant le chiffre d'affaires que les résultats. En vingt ans, ses ventes ont été multipliées par six, pour atteindre 130 milliards de dollars en 2000, et ses résultats ont été multipliés par dix, s'élevant à 12,7 milliards de dollars. Dans le même temps , le cours de son action était multiplié par cinquante, alors que le Dow Jones n'était multiplié que par dix, s'élevant à 12,7 milliards de dollars.

General Electric emploie quelque 300.000 salariés. Elle en employait environ quatre cent mille il y a vingt ans. C'est dire que, tout en imprimant à ses activités des développements spectaculaires, elle n'en a pas moins réussi à réduire ses effectifs d'environ un quart.. Ainsi s'explique que le coefficient multiplicateur de ses résultats ait pu être aussi sensiblement supérieur à celui de son chiffre d'affaires.

Une vision stratégique exceptionnelle

General Electric est implantée dans près de 200 pays, c'est-à-dire pratiquement dans le monde entier !
Les Investissements de la Compagnie aux Etats-Unis mêmes ne constituent plus désormais que moins de la moitié de ses actifs.
A l'étranger, la France, où sont localisés environ 20% de ses actifs, représente pour elle un point d'appui particulièrement important, avec notamment des participations dans la Snecma, dans Airbus, dans la générale Radiologie... Ainsi s'explique que General Electric y ait un délégué permanent, actuellement Yves Cousin, qui a le titre de vice président de la Compagnie.
De l'avis général, les performances exceptionnelles de Genéral Electric sont essentiellement dues à l'action personnelle d'un homme exceptionnel, Jack Welch, qui vient de prendre sa retraite après avoir désigné son successeur, mais aussi après avoir été pendant vingt ans le président indiscuté et admiré d'un groupe auquel il a su imposer des méthodes exceptionnellement efficaces de gestion.

La réussite de Jack Welch est due au premier chef à une remarquable vision stratégique qui lui a permis de discerner avant les autres les perspectives ouvertes par les innovations technologiques, mais aussi de savoir s'alléger sans hésitation d'engagements dans des secteurs dont l'avenir lui paraissait incertain.

Une exceptionnelle maîtrise de la gestion des hommes

Une caractéristique particulièrement remarquable de l'action de Jack Welch s'est située au niveau de la gestion des hommes, dans le souci qu'il avait de choisir personnellement ses collaborateurs et de maintenir avec eux, des contacts directs, si nombreux fussent-ils autour de lui et si éloignés dans la hiérarchie. S'y ajoutait un souci permanent de l'information et de la diffusion de l'information au travers des équipes.
Jack Welch, qui savait attirer les talents, accordait aussi une importance primordiale à l'appréciation des performances des collaborateurs, à quelque niveau hiérarchique qu'ils fussent placés. Il savait encourager les meilleurs par des promotions exceptionnellement rapides, comme aussi à éliminer sans état d'âme les moins performants. Il avait su créer avec les syndicats des relations confiantes et les amener à admettre que l'intérêt de la compagnie passait avant les intérêts individuels. Il avait créé au sein même du groupe une véritable Université chargée d'élargir et de tenir à jour la formation à la fois générale et technique des cadres de l'entreprise.
Une exceptionnelle culture d'entreprise


Ainsi avait pu se créer au sein de cet énorme groupe une véritable culture d'entreprise qui a été, en définitive, la clef de son succès, mais qui n'excluait pas pour autant que l'on puisse travailler à deux sans avoir la même culture.

Culture d'entreprise exceptionnelle toujours à l'affût des idées nouvelles, des hommes nouveaux, sachant trouver ce qu'il y a d'intéressant chez celui qui est différent, et convaincue que ce qui est porteur d'avenir est nouveau.

Déjeuner débat du 14 décembre 2001
Notes de Jehan Duhamel