CLUB "REALITES INTERNATIONALES"

 

RUINES, MORTS, DISPARUS : LE CHOC DU 11 SEPTEMBRE

Le club Réalités Internationales a organisé une réunion exceptionnelle le 24 septembre 2001 pour susciter une réflexion commune aux membres d'aRRi sur les conséquences des attentats terroristes du 11 septembre à New-York et Washington.

Quatre personnalités ont ouvert le débat : Le Général Eyraud, jean Wahl, Le Général Leborgne et Jacques Bourdillon. Le Président d'aRRi Jean-Michel Fauve a conclu la réunion.

Les faits :

Les Etats Unis ont été frappés au cœur par une entreprise de destruction massive, matérielle, mais surtout psychologique, scientifiquement élaborée : un véritable acte de guerre.
Cet attentat fait suite à d'autres, moins spectaculaires mais analogues, qui auraient pu ,en leur temps, être assimilés à des actes de guerre. Il s'agit là pourtant d'une guerre très particulière dans laquelle l'attaquant n'est pas un Etat mais un ennemi protéiforme, en partie inconnu, dont on a seulement la quasi certitude qu'il émane du monde islamique. Il dispose de moyens techniques d'attaque très élaborés. Il est résolu à négliger les pertes humaines au sein de ses propres troupes, décidé aussi à provoquer le maximum de pertes humaines chez son adversaire.
Parce que l'attentat perpétré contre Manhattan n'est pas un acte isolé et ne marque donc pas le début d'une guerre, comme il n'a pas été revendiqué, il n'est pas évident que le conflit dont il procède soit exclusivement et spécifiquement dirigé contre les Etats Unis.

Les conséquences :

Une contre-offensive est inévitable mais l'égide de l'ONU -organisme trop plural- n'est pas souhaitée par les Américains. A ses partenaires traditionnels viennent se joignent des alliés inattendus comme la Russie et la Chine, voire le Pakistan cependant que les pays du Golfe hésitent. En tout état de cause, le climat international créé par les attentats du 11 Septembre est de nature à inciter l'Occident à exercer de fortes pressions pour mettre fin au terrorisme en Palestine.

Les explications :

Le terrorisme international trouve non pas sa justification mais son origine dans la partition du monde entre deux groupes antagonistes - les riches et les pauvres - entre lesquels les progrès techniques ne font qu'accroître l'écart. Et face à l'hégémonie des Etats Unis, l'Europe n'est pas aujourd'hui en mesure d'opérer un contre-poids.

Les pays les moins favorisés développent une sorte de rancœur à l'encontre du monde occidental. Leurs populations, pour une large part de religion musulmane, sont influencées par la doctrine du djihad selon laquelle l'Islam a non seulement vocation à s'étendre au monde entier, mais, pour y parvenir, à utiliser la violence et à demander à ses adeptes le sacrifice de leur vie. Ce qui est particulièrement préoccupant est qu'au fanatisme des terroristes s'ajoute une redoutable et croissante technique criminelle.

Les conclusions :

Comprendre

L'analyse du monde musulman est à nuancer. Si, pour tout islamiste, le monde est à convertir, ce n'est pas nécessairement par l'action guerrière. Si le djihad originel était en effet un djihad guerrier, le djihad des vrais musulmans aujourd'hui est un prosélytisme religieux. Il est aussi raisonnable que d'autres, même s'il nous paraît intellectuellement de caractère plutôt agressif. La confusion entre islamisme et terrorisme est une caricature inacceptable La lutte contre le terrorisme ne doit en aucun cas revêtir la forme d'une croisade contre le monde musulman. Elle doit notamment se garder de déstabiliser les régimes arabes modérés.

Agir

Chercher à réparer les erreurs du passé c'est décider que les riches se mettent davantage au service des pauvres et que les grands pays qui dominent le monde prennent conscience des excès du libéralisme, qu'ils inscrivent à leur programme, mieux qu'ils ne le font déjà, la réduction du retard économique, financier et surtout social, des quinze ou vingt pays les plus déshérités. Pourquoi pas un " plan Marshal " au bénéfice des pays les plus pauvres du monde ?
Si l'on " ne peut rien à la mondialisation " la passerelle n'est-elle pas la formation palliant les carences de l'éducation ?
La lutte contre le terrorisme ne peut-elle être d'abord l'affaire et le devoir des musulmans par la concertation entre " les grands " et les nations musulmanes dont la plupart, à la fois capitalistes et islamiques, se renferment dans une position ambiguë ?
Il a été également suggéré que l'Europe des 12 ou des 15 trouve dans ce tournant la motivation nécessaire jouer un rôle majeur dans l'humanisation d'une mondialisation politique.
Allant plus loin le président Jean-Michel Fauve conclut les débats en suggérant une profonde et véritable refondation de l'ONU, qui pourrait devenir le véritable forum qu'il aurait du être, avec pourquoi pas, un transfert de son siège à Jérusalem !

Notes de Jehan Duhamel