Colloque du 22 septembre 1999

 

RECONSTRUCTION DES BALKANS : LA FRANCE, L'EUROPE S'ENGAGENT

L'ouverture par Daniel Lebègue, directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations
du Colloque international organisé par Aminter et aRRi, à l'Atrium

Pour avancer d'une manière cohérente et avec efficacité dans la reconstruction des Balkans, les associations Aminter (1) et aRRi, présidées par Jacques Bourdillon ont réuni le 22 septembre 1999 des acteurs publics et privés, français et étrangers, présenté l'action du nouveau fonds de la CDC "Développement local Balkans", dirigé par Jean Pierre Ayrault, organisateur du colloque. Daniel Lebègue, directeur général de la CDC, a dit pourquoi et comment la Caisse s'engageait ainsi dans la reconstruction internationale des Balkans.
Pourquoi la CDC s'engage-t-elle dans l'action internationale de reconstruction et développement économique de la zone des Balkans ? Daniel Lebègue apporte la réponse à cette question en distinguant les deux missions de la Caisse : missions d'intérêt général d'une part, missions dans des métiers concurrentiels d'autre part par ses sociétés de service.

"La Caisse des dépôts, dit-il, est un groupe qui avance sur ses deux jambes, de manière équilibrée. Nous sommes un établissement public, investi de missions d'intérêt public ou général. Nous sommes aussi devenus un grand groupe de métiers concurrentiels dans trois champs différents : celui de la banque d'investissements, celui de l'assurance de personnes et celui des métiers de l'ingénierie et des services dans le champ du développement des territoires. A ce double titre, nous sommes concernés par les Balkans et notamment, par l'action internationale qui se développe".
"Quand on parle des Balkans, souligne Daniel Lebègue, nous sommes en plein dans le champ des missions d'intérêt général qui sont les nôtres : besoin d'infrastructures, besoin de logements, besoin de reconstruction ou de recomposition des villes, besoin de recréation d'une activité économique, d'un tissu de petites entreprises, besoin d'organisation des pouvoirs locaux, de modernisation de l'administration locale......

Pour le compte de l'Europe

......Oui, me direz-vous, mais les Balkans, poursuit-il, ce n'est pas la France. La CDC est une institution française, un établissement public français. Sans doute, mais nous sommes et nous serons de plus en plus un acteur européen porteur de l'intérêt économique général européen, dont la Caisse est déterminée, et elle s'y est engagée, à conduire des programmes, des actions d'intérêt général, pas seulement à l'échelle de la France et pour le compte de l'Etat français, mais également pour le compte de l'Europe et à l'échelle du territoire européen. Nous avons d'ailleurs reçu un certain nombre de mandats de Bruxelles ou de la BEI, par exemple dans le domaine du capital risque. Il était, de ce point de vue, naturel que nous nous intéressions à la situation d'urgence apparue au Kosovo et, au-delà du Kosovo, dans les Balkans".

Pour ce qui est des activités de la Caisse des Dépôts dans les métiers concurrentiels et tout particulièrement dans le service et l'ingénierie dans le domaine de l'aménagement et du développement du territoire, c'est la holding C3D que dirige Patrice Garnier et ses filiales qui en portent la responsabilité. Daniel Lebègue souligne :
"Ce que fait la CDC au titre de ses missions d'intérêt général, c'est une chose, ce qu'elle fait au titre de ses métiers concurrentiels, en est une autre. Non pas qu'il n'y ait pas de complémentarité entre les unes et les autres, cela va de soi, mais la CDC, par souci de transparence, de clarté et de respect des règles de la concurrence ne subventionne plus ses activités concurrentielles".
Après le "pourquoi", le "comment". "J'ai le sentiment que nous sommes dans le cas du Kosovo et au-delà des Balkans, sur de bons rails", analyse Daniel Lebègue. Dès la fin de la guerre en juin dernier, l'équipe France dans toutes ses composantes, s'est mise en ordre de marche de manière cohérente, ordonnée, avec un souci de l'efficacité au plus près du terrain et des besoins de la population. Je pense que nous sommes en train de bien prendre ce grand dossier de la reconstruction des Balkans au plan international, d'abord, au plan européen ensuite, se félicite Daniel Lebègue.

Une approche globale et cohérente

Quant au plan français, je trouve, dit-il, que nous avons créé les conditions d'un bon travail collectif et, je l'espère, de la réussite. Le Gouvernement a mis en place la Mission interministérielle et fait appel à un grand chef d'entreprise français pour l'animer, Roger Fauroux. J'ai eu l'occasion de parler avec lui, à plusieurs reprises, des objectifs et des moyens d'action, et j'ai l'impression que la démarche française s'organise dans un bon esprit, dans une approche cohérente globale et forte du dossier.
Dès le début du mois de juillet, rapporte le directeur général de la CDC, nous avons signé un accord avec le Ministère des affaires étrangères (le Ministre délégué à la coopération et à la francophonie, Charles Josselin), qui a défini le cadre de notre intervention : "le fonds Balkans". Dès le 14 juillet, nos équipes étaient sur le terrain. A la fin du mois d'août, nous avions avec nos partenaires en Albanie et en Macédoine, identifié une trentaine de projets, projets prêts à démarrer dès la rentrée.

Mobilisation rapide

Daniel Lebègue se réjouit de la "mobilisation très rapide et très forte" qui se manifeste pour cette reconstruction, saluant les divers partenaires engagés dans cette action : le Ministère des affaires étrangères, les ONG, la Commission européenne, la Banque mondiale, le monde des entreprises, le MEDEF, et surtout nos partenaires régionaux dans ces pays-là, les gouvernements dans le cas de la Macédoine, du Monténégro, de l'Albanie, du Kosovo aujourd'hui, et j'espère demain, de la Serbie lorsque les conditions seront réunies et plus encore, les acteurs locaux, notamment les collectivités locales, avec lesquelles la CDC a choisi de travailler en priorité, "pour reconstruire à la base, sur le terrain, à la fois les infrastructures, les éléments nécessaires à une vie en société d'une part, et d'autre part pour reconstruire, parfois construire, les fondations de la démocratie dans cette région de l'Europe".

Renseignements : Jean Pierre Ayrault, directeur, Développement local Balkans, 27 rue Louis Vicat 75738 Paris Cedex 15. Tél. 01 46 48 58 32 Fax 01 46 38 34 82
________________
(1) le "Bulletin d'Aminter" de novembre publie la synthèse des travaux du colloque. Aminter, 6 place Abel Gance 92652 Boulogne. Tél. 01 46 94 49 30 Fax 01 46 94 39 31