Voyage a Genéve du 18 au 20 mai 1998



GENEVE , AU SERVICE DES HOMMES
Un voyage d'Alerte aux réalités internationales, du 18 au 20 mai 1998


"Les institutions internationales universelles au service des droits de l'Homme" : vaste sujet, suffisamment passionnant pour attirer sur les bords du Léman plus d'une quarantaine de membres du Mouvement ! Pourquoi Genève ? Parce que, comme nous l'a rappelé, lors de son accueil au Palais des Nations, Mme Gastaut, responsable de l'information de l'Office des Nations Unies, Genève est l'un des hauts lieux de l'action internationale pour faire avancer l'état de droit au niveau mondial. Près de 9000 fonctionnaires y travaillent pour les Nations Unies.

Des activités onusiennes au service de la promotion des droits humains, nous verrons se dessiner, au fil de nos rencontres, un panorama très complet. Au menu : la Commission des Droits de l'Homme et les "organes" des traités relatifs à ces droits, la CNUCED, le Bureau international du travail, l'Organisation mondiale de la santé, le Haut Comissariat pour les réfugiés, le Programme des Nations Unies pour le développement, la Commission économique pour l'Europe ...
Entre ces aperçus des différents chantiers onusiens s'intercalera une halte au "nid d'aigle" de la Croix-Rouge, un CICR 100% suisse et depuis 135 ans sur le front de l'urgence.

Pléthore de comités

Il faut du temps pour pénétrer les arcanes de la Commission des droits de l'Homme et des systèmes de contrôle prévus par les différents pactes et Conventions spécialisées. Un sentiment : tout cela est lent, complexe, génère des montagnes de rapports, peu contraignants en définitive pour les Etats, même si la session annuelle de la Sous-commission des droits de l'Homme permet de pointer quelques pratiques coupables.
Heureusement, pour "titiller" les Etats, il y a l'action des organisations non gouvernementales, dont les rapports alternatifs servent souvent de base au travail des experts.

La Cnuced s'aligne

En matière de droits économiques, si l'aspiration des jeunes nations du tiers-monde à la maîtrise de leurs ressources fut à l'origine, en 1964, de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, la volonté d'accoucher un "nouvel ordre économique mondial" fondé sur une organisation des marchés, est, à l'heure d'une Organisation mondiale du commerce militant pour la liberté totale des échanges, une idée largement démonétisée ... Le représentant de la CNUCED préférera donc insister sur les efforts de son organisation pour se mettre au diapason de l'OMC, mais en plaidant aussi pour des mesures destinées à atténuer les effets négatifs de la mondialisation.

Ça bosse dur au BIT

S'il est un domaine où l'action normative de l'ONU pour les droits humains s'est fait concrètement sentir, c'est bien celui du droit du travail. Est-ce le principe tripartite d'une collaboration employés-patrons-Etats, sur lequel l'OIT est fondée, qui explique son succès ? Toujours est-il que cette organisation a effectué un travail législatif
immense, incitant les Etats à favoriser la liberté syndicale , prohibant le travail forcé et le travail des enfants, les discriminations dans l'emploi, etc ... Mais le problème se pose aussi au BIT de savoir comment modérer les effets pervers de la mondialisation.

L'OMS, ou la santé pour tous

Le premier des droits de l'Homme étant sans conteste le droit à la vie, l'Organisation mondiale de la santé est sollicitée sur de très nombreux fronts. On lui doit l'éradication de la variole, et celle presque totale de la lèpre, fléaux hélas remplacés par le sida. Outre son rôle d'appui à la recherche, la prévention et l'éducation à la santé, l'OMS peut intervenir aussi de manière plus politique, en invitant les gouvernements à bâtir des systèmes de santé favorisant l'accès universel aux soins.

Le HCR : un provisoire qui dure

A sa création en 1951, c'était une instance provisoire, reconduite à mesure que s'allumaient de nouveaux conflits. Aujourd'hui, 22 millions de personnes relèvent du mandat du Haut Commissariat pour les réfugiés : réfugiés stricto sensu, rapatriés que le HCR continue à aider après leur retour, et aussi, comme en ex-Yougoslavie, déplacés à l'intérieur de leur propre pays. L'assistance du HCR dans les camps, souvent en symbiose avec celle des ONG, vise à rendre les réfugiés le plus possible autosuffisants, de manière aussi à préparer leur réinsertion future.

Le PNUD, militant du développement humain

Alors que le fossé entre riches et pauvres s'est prodigieusement creusé (l'écart mondial des revenus était de 1 à 30 en 1960 ; en 1998, il est de 1 à ... 80), le progrès humain ne peut être mesuré à la seule aune de la croissance du PNB, plaide avec vigueur le Programme des Nations Unies pour le développement. Le Pnud gère en effet, au sein du système des Nations Unies hormis la Banque mondiale, le plus gros volume d'aide. Or, les contributions des Etats sont en chute libre, au grand dam d'un Programme qui continue à croire aux vertus de l'aide publique, plutôt qu'aux investissements privés.

La CEE, cette inconnue ...

Peu connue, ci ce n'est au travers de la personnalité de notre compatriote Yves Berthelot, qui en assure le secrétariat exécutif, la Commission économique pour l'Europe des Nations unies est aussi, à sa manière "au service des hommes" : durant la Guerre froide, elle assura le maintien d'une lien Est-Ouest. Aujourd'hui, elle effectue un important travail d'établissement de normes qui améliorent bien des aspects de notre quotidien : transports routiers, énergie, pollution, etc ...
L'arrivée à Genève, quelques jours après notre passage au BIT, de la "marche mondiale des enfants", puis la tenue à Rome de la conférence sur la création d'une Cour criminelle internationale comme la célébration prochaine du 50ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, prouvent combien le thème de ce voyage relève de l'actualité.

Synthèse de Jean-François Degenne