Débat du 16 avril 1996


VEILLISSEMENT DEMOGRAPHIQUE, DENATALITE ET CHOMAGE, EN FRANCE ET DANS L'UNION
Philippe Bourcier de Carbon, chargé de recherche à l'INED


L’implosion démographique contemporaine en France et dans l’Union européenne.

Depuis plus de vingt ans, les populations des pays membres de l'Union, premiers entrés, au cours de la première moitié du siècle, dans leurs phases "post-transitionnelles", loin de converger vers la stabilisation promise, ont vu, tour à tour leur fécondité crever le seuil de simple remplacement des générations, pour tourner, dans nombre d'entr'eux, à l'effondrement, entraînant en Allemagne, en Italie, et même en Russie, un excès croissant des décès sur les naissances. Depuis plus de vingt ans, le plupart des Etats membres connaissent un vieillissement démographique1 accéléré, résultant de la conjonction de deux phénomènes : la chute de la fécondité étrangle les bases des pyramides des âges, et engendre un vieillissement "par le bas" de ces populations, tandis que le recul de la mortalité des personnes âgées gonfle les effectifs des survivants du troisième âge, et induit un vieillissement "par le haut" de ces populations. Ainsi, dans les Etats de l'Union, comme dans les nations les plus avancées, le vingtième siècle se termine par l'émergence d'une nouvelle forme de société, encore inconnue dans l'histoire, où pour la première fois cohabitent, trois, quatre, voire bientôt, sans doute, cinq générations. Le XXIème siècle annonce l'"inversion" des pyramides des populations européennes : les personnes ayant dépassé les âges de reproduction y seront bientôt, partout, beaucoup plus nombreuses que les jeunes qui n'auront pas encore atteint ces âges.

Depuis Richard Cantillon2, fondateur de la démo-économie, l’on sait que la fondation ou l'agrandissement des familles, sont sensibles, non pas aux revenus absolus, mais aux revenus relatifs, qui, seuls, conditionnent les modes de vie sociaux et garantissent le rang social. C'est en effet dans la dégradation des revenus des familles relativement aux revenus des autres personnes dans la société, aux revenus des personnes qui n'ont pas de charges de mineurs en particulier, que réside le ressort de la chute de la fécondité: le revenu relatif des familles constitue la clé des comportements féconds. Or le vieillissement démographique, en augmentant la part des effectifs des personnes inactives qui ne sont plus en âge de procréer dans la population, induit au sein des sociétés modernes des phénomènes cumulatifs, d'ordres économique, social, politique, et démographique, qui dépriment le revenu relatif des familles, et remettent en cause leur place dans la société : la distorsion de la protection sociale ne cesse par exemple de s’accuser au bénéfice des personnes âgées, et au détriment des familles, et surtout de la seule part de la population dépourvue de tout poids politique : les enfants.

Les allocations familiales, liées aux enfants, qui représentaient dans les années 50 plus du quart du budget social français (soit plus de 3,3% du PIB), n’en représentent plus que 3,7% aujourd’hui (soit 0,9% du PIB). En prenant en compte leur part dans les prestations “ santé ”, la croissance des prestations reçues en moyenne par chaque personne âgée rapportées au salaire net moyen dépasserait les 300% depuis 1959. On peut du reste estimer qu’environ les 2/3 des dépenses sociales (soit plus de 16,5% du PIB) sont désormais consacrés aux personnes âgées en France.

Le poids des âges dans les urnes

De fait, l’on s’obstine toujours à ignorer que le vieillissement démographique, en élargissant régulièrement la place du troisième âge au sein du corps social, réoriente insensiblement, mais inexorablement l'ensemble de la société et de ses activités. Les besoins du troisième âge finissent en effet par devenir prioritaires, et déterminent les choix politiques : Ainsi les personnes âgées de 60 ans et plus constituent-elles d'ores et déjà près de 28% du corps électoral français, et fournissent-elles près du tiers

(31%) des suffrages exprimés lors des scrutins nationaux, et en fourniront près de 40% dans 25 ans.
Les électeurs français âgés de plus de 48 ans remplissent déjà la moitié des urnes; cet âge médian atteindra 54 ans d’ici 25 ans. Les électrices qui mettent au monde entre 25 et 40 ans près des 4/5 (77%) des naissances en France, ne comptent aujourd’hui que pour 12% des votes, et pour moins de 10% dans vingt ans.
C'est pourquoi ce phénomène politique et social en arrive aujourd'hui à boucler sur le double mouvement de la fécondité et de la mortalité dont il procède : Il distord irrésistiblement les budgets sociaux au bénéfice des personnes des troisième et quatrième âge devenues politiquement prioritaires, accentuant leur espérance de vie, grâce à l’essor de leurs conditions financières et sanitaires, dans le même temps où, depuis plusieurs années, stagne, voire augmente, la mortalité des jeunes adultes3 Mais surtout, exerçant une sorte d’“ effet de levier ”, il pèse d’un poids sans cesse croissant sur la fécondité du pays par les prélèvements de tous ordres, financiers et sociaux, auxquels il soumet les adultes en âge de procréer et en charge de famille, en dégradant leurs revenus relatifs, et donc leur fécondité. Le niveau de vie relatif réel moyen par personne inactive de 60 ans et plus aura presque doublé par rapport au niveau de vie moyen des adultes actifs entre 1965 et les années 1980 pour lui être désormais supérieur d’environ 15% à 20%.

Un effet de levier

On peut démontrer que l'"effet de levier", exercé sur la fécondité du pays par ces prélèvements sur les adultes actifs au profit du troisième âge inactif, tend (à niveau de vie moyen des actifs et à niveau d’épargne donnés) à être proportionnel au rapport du volume des ressources (V) mises à la disposition du troisième âge inactif, à celui des ressources (J) consommées par les jeunes inactifs et les enfants. 40 ans d'observations statistiques de l'INSEE corroborent tout à fait cette analyse en France métropolitaine sur la période 1949-1990. C’est le recul de la mort qui amorce et qui préside aux transformations radicales des régimes démographiques des sociétés humaines, décrites par le paradigme de la “ transition démographique ”, mais c’est la poursuite de ce recul au delà des 65-70 ans d’espérances de vie à la naissance , qui engage les sociétés post-transitionnelles dans une phase finale implosive, dont l’Union est aujourd’hui, la première, le théâtre.

Situation démographique en Suède et en Allemagne.

En Suède :

Depuis “ La Commission Royale sur la Population ” en 1935, et sous l’influence de Gunnard Myrdal (prix Nobel d’économie 1971) et de son épouse, la Suède s’est dotée d’une politique familiale aux visées alors natalistes. A la suite de cette législation, de 1935 à 1945 l’indice conjoncturel de fécondité est remonté en Suède de 1,7 à 2,6 enfants par femme, soit une hausse de 52% en 10 ans. Abandonnant ses premières préoccupations natalistes, la politique familiale suédoise s’est réorientée à partir de 1948 vers des objectifs sociaux, l’indice conjoncturel oscillant jusqu’au milieu des années 60 entre 2,2 et 2,4 enfants par femme. Mais de 1965 à 1978 l’indice chute jusqu’à 1,6 enfant par femme, puis, après une légère reprise, retombe à 1,6 enfant par femme en 1983. Les allocations familiales, non imposables, sont alors fortement revalorisées en 1985, et placent à cet égard depuis lors la Suède en tête des pays de l’OCDE. De plus toute une série de dispositions ont été adoptées visant à concilier travail professionnel et soins des enfants (salaire parental, congés pour les parents, modes de garde, etc..). Cette nouvelle politique familiale vigoureuse a accompagné une reprise de l’indice conjoncturel de la fécondité suédoise : 1,7 en 1985, 2,0 en 1989, 2,1 en 1990 et 1991. L’indice fléchit un peu depuis lors puisqu’il est retombé à 2,0 en 1993 et 1,9 en 1994 (sans doute en raison de la résorption de l’inévitable effet de “ rattrapage des naissances différées ” consécutif à la mise en place de ces diverses mesures, en particulier l’effet de rattrapage lié aux avantages réservés aux secondes naissances dans les 30 mois suivants la première). Ajoutons que depuis trois ans, l’effort financier de la Suède envers les mères de famille fléchit régulièrement.
Aujourd’hui, la Suède, avec la Norvège et la Finlande, l’Irlande et l’Islande sont les seuls pays d’Europe, où l’indice conjoncturel de fécondité dépasse 1,85 enfant par femme.

En Allemagne :

Moins d’un an après l’unification monétaire des deux Allemagnes (1er Juillet 1990), la fécondité s’effondrait dans les cinq nouveaux Länder de l’ex-DDR, l’indice conjoncturel de fécondité s’établissant depuis lors autour de 0,8 enfant par femme (0,77 enfant par femme en 1994), et les effectifs des naissances annuelles de cette population de près de 16 millions de personnes chutant de moitié, et restant depuis cinq ans inférieurs à 85.000 annuelles, de sorte que chaque année cette population perd depuis lors une centaine de milliers de personnes par simple excédent des décès sur les naissances (179.000 décès en 1994 pour 78.000 naissances). L’ensemble de l’Allemagne dont la population est estimée 81,3 millions d’habitants au 1/1/1994, a ainsi enregistré 879.000 décès en 1994 pour 766.000 naissances, perdant 113.000 personnes dans l’année du simple fait du déficit de ses naissances; et l’indice conjoncturel de fécondité est estimé à 1,26 enfant par femme dans l’ensemble du pays en 1994.
L’implosion démographique sans précédent statistique de l’ex-DDR est attribuée aux traumatismes économiques et sociaux consécutifs à la brutale unification monétaire, économique et sociale, la politique familiale de l’ex-DDR étant vidée de tout contenu dans le même temps où le chômage explosait dans les cinq nouveaux Länder. Des rapports sur les déterminants de l’évolution de la fécondité dans plusieurs de ces Länder (Saxe, Brandebourg) commandés par les services du Bundestag n’ont toujours pas été publiés, comme ils devaient l’être en 1994. Selon la presse allemande, ces rapports auraient mis en cause les comportements illégaux d’embauche de certaines entreprises, qui associaient la dévolution de contrats de travail des femmes à l’existence de certificats de stérilisation.

Vieillissement démographique et chômage.

Depuis une vingtaine d’années, la montée du chômage a frappé tour à tour les pays de l’Union Européenne, pour compter désormais plus de 20 millions de chômeurs, soit environ 11% de la main-d’oeuvre de l’Union (25% en Espagne, 15% en Irlande, 12% en Italie et en France, environ 10% en Allemagne).
En France, depuis les années 60 ou depuis les années 70, la croissance du poids des prestations “ Vieillesse-Survie ” dans l'ensemble du PIB de l’année, ou par rapport à la masse salariale nette4 de l’année, épouse étroitement la croissance des taux de chômage en fin d’année, au cours des périodes 1959-1985 ou 1959-1990. Les corrélations sont de l'ordre de 97% à 98%. Elle s'accroissent de l'ordre de 1 point lorsque les poids des budgets sociaux observés au cours d'une année sont rapprochés des taux de chômage de la fin de l'année suivante
Un tel constat laisse à penser que le gonflement de la part des budgets sociaux dans le PIB, entraîné d'abord et principalement par la croissance des besoins des personnes âgées inactives dans la société, c’est à dire par le vieillissement de la population, et secondairement depuis quelques années par celle des secours aux chômeurs, pourrait constituer un facteur important du chômage en France.

Il est de fait que les charges sociales, comme, d'une manière plus générale, la satisfaction des besoins des personnes économiquement inactives dans la société, sont financées par un prélèvement sur l'ensemble des richesses produites chaque année dans le pays5. Ce financement ne peut qu'être prélevé sur les composantes des valeurs ajoutées dégagées par l'activité économique, c'est à dire sur la masse des salaires et sur la masse des profits. Dans la mesure où ces prélèvements pèsent sur les profits, ils tendent à renchérir le capital et à décourager le progrès technique, ce qui peut compromettre la compétitivité des entreprises sur les marchés mondiaux, et par conséquent mettre les emplois en péril. En outre, ces charges obérant les marges d'autofinancement des entreprises, réduisent leurs capacité d'investir, et par conséquent tendent à réduire les offres d'emploi futures.

Progrès technique et emploi.

Si les charges sociales sont financées par un prélèvement sur les salaires (cotisations sociales), elles accroissent d'autant les coûts de la main-d'oeuvre pour les employeurs. Ce renchérissement de la main-d’oeuvre rentabilise les innovations techniques et les investissements "Labour Saving" (permettant d'accroître la production sans embauche nouvelle, ou de la maintenir avec des effectifs employés plus réduits). Le progrès technique ainsi stimulé permet bien sûr aux entreprises de maintenir leur compétitivité sur les marchés extérieurs, ainsi que leurs marges d'autofinancement et leurs capacités d'investir. La croissance des offres d'emploi peut être néanmoins fortement compromise par les effets réducteurs d'emplois des progrès technique incorporés dans les investissements "Labour Saving".
Les coûts sociaux croissant en effet sous la pression du vieillissement démographique, tendent désormais généralement à renchérir le facteur travail dans l'économie des pays développés. C'est pourquoi ce sont les progrès techniques intensifs, allongeant le détour de production, fortement capitalistiques et refouleurs de main-d'oeuvre, qui s'y trouvent systématiquement stimulés et rentabilisés. Ainsi la croissance économique n'est-elle plus aujourd'hui chez nous que très faiblement créatrice d'emplois.

Prélèvements, chômage et vieillissement démographique.

Un prélèvement massif sur la masse salariale élargit l'écart entre le coût réel de la main-d'oeuvre (qui détermine la politique d'embauche de l'employeur) et le revenu réellement perçu par le demandeur d'emploi (qui conditionne son comportement d'offre de travail). Si ce prélèvement s’accroît plus rapidement que la masse salariale, l'écart ne cesse de s'élargir au détriment du salaire net moyen (niveau de vie réel des salariés), au point d'en ralentir fortement, voire d’en stopper la croissance réelle6. Apparaît dès lors par ailleurs une érosion continue du revenu relatif moyen des salariés, dégradant peu à peu leur position dans la pyramide sociale, et les conduisant à réduire leur fécondité, ce qui relance à terme le vieillissement de la population. Ajoutons que les perspectives de croissance incontrôlée des prélèvements sur les jeunes salariés les plus productifs et les plus performants pour faire face aux déséquilibres structurels croissants des comptes sociaux d’une société rapidement vieillissante sont de nature à inciter ces derniers à s’expatrier dans les années à venir, constituant dès lors un nouveau facteur de vieillissement démographique.

Si par ailleurs, les prestations sociales "emploi" allouées aux chômeurs sont fortement et régulièrement revalorisées par rapport au salaire net moyen (sous l'effet du nombre des chômeurs et de leurs poids électoral), elles auront pour effet de diminuer l'incitation à accepter un emploi rapidement, et allongeront la durée moyenne de chômage (chômage d'exigence), et donc tendront à accroître le volume global du chômage (tout en exacerbant, les effectifs des chômeurs augmentant encore, les priorités de solidarité sociale envers les chômeurs), et par conséquent ses prélèvements sur la masse salariale, relançant le phénomène.
En outre, le vieillissement de la main-d’oeuvre elle-même, tend à dégrader le rapport du coût du travail à sa productivité dans les entreprises en augmentant en particulier ses coûts de mobilité, d’adaptabilité et de recyclage, fragilisant les entreprises face à la concurrence mondiale. Du reste, et plus généralement, l’accroissement des coûts du travail est un puissant facteur de “ délocalisation ” des entreprises dans un environnement de “ dérégulation ” et de “ libre-échangisme ” mondial (cf. Maurice Allais), et donc de chômage.

Les systèmes de retraites fondés (comme aux USA) sur la "capitalisation" procèdent d'une logique de prélèvements exercés d'abord sur les profits des placements auxquels elles sont adossées. Mais les systèmes de protection sociale pour les personnes âgées fondés sur le principe de "répartition" sont financés par des prélèvements qui selon des dosages divers sont effectués sur profits et salaires lorsqu'ils sont fiscalisés (cas de la plupart de nos partenaires européens).

En France en revanche, le financement de l'ensemble de la protection sociale procède encore très largement d'une logique de prélèvements sur les salaires (cotisations sociales “ employés ” ou “ employeurs ”). Or, comme on l'a vu, les familles qui assurent largement le financement de la protection sociale, en sont, à mesure du vieillissement de la population, évincées des principaux bénéfices. Ce processus constitue un facteur cumulatif de dénatalité, et donc de vieillissement de la population, et par conséquent relance à terme le gonflement des budgets sociaux destinés à faire face aux besoins des personnes âgées.

En outre le coût réel de la main-d'oeuvre grevé de toutes les charges du troisième âge et du chômage est devenu dissuasif en France pour l'embauche. Cette réalité revêt à présent une telle évidence, que les politiques de lutte contre le chômage menées ces dernières années par les majorités successives, comportent toutes des mesures exceptionnelles de suspension des charges sociales, l'Etat prenant à sa charge les "cotisations sociales des employeurs" lors des premières années du contrat d'embauche, pour tenter de vaincre leurs réticences.

Chômage et dénatalité se renforcent à long terme.

Dans l'immédiat, tout accroissement du chômage, retardant la nuptialité et la fécondité, exerce un effet dépresseur sur la natalité et accentue le vieillissement du pays, accroissant à terme la part du budget social dans le PIB de la Nation.
Mais réciproquement et sur le long terme, comme l’ont montré les travaux aujourd'hui classiques de Simon Kuznets sur l'influence des fluctuations démographiques sur la croissance économique des USA, ainsi que la notion d' “ investissements démographiques ” dégagée par Alfred Sauvy, la dénatalité exerce un effet dépresseur massif sur le secteur du bâtiment et sur les investissements lourds en équipements d'infrastructure, et par suite constitue à retardement un puissant facteur de chômage, qui alourdit encore le poids des budgets sociaux dans l'économie.

Cependant il est vrai d’un autre côté que la croissance du budget social au bénéfice des personnes âgées stimule certains secteurs spécifiques du système productif : la recherche médicale et pharmaceutique, les équipements hospitaliers et les investissements relatifs à la santé publique, ainsi que les loisirs en sont des exemples. Mais au total, les effets économiques dépresseurs d'une croissance des dépenses sociales plus rapide que celle du salaire net et beaucoup plus rapide que le PIB, ne tardent pas à manifester ses effets cumulatifs en accroissant chômage et dénatalité dans la société.

Conclusion.

Les considérations qui précèdent, mettent en lumière les caractères auto-entretenus et cumulatifs des phénomènes induits dans la société par la dérive du vieillissement démographique. Celui-ci, en inversant au profit du troisième âge inactif les systèmes de protection sociale, et en gonflant la place des budgets sociaux dans l’économie et les prélèvements sur les revenus des adultes actifs, est à la fois facteur de dénatalité, donc de crise démographique, et de chômage, donc de crise économique.
Dénatalité et chômage se renforçant mutuellement, accroissent à terme en retour le vieillissement démographique et bloquent la croissance économique.

Philippe Bourcier de Carbon


1 Accroissement de la part des personnes ayant dépassé les âges de repoduction dans la population.

2 Financier franco-irlandais (1697-1734), contemporain du Régent et de John Law, l'un des principaux pères de l'économies politique.

3 "A 20-25 ans, le quotidien masculin de mortalité est supérieur depuis 1983-85 à ce qu'il était en 1952-56" : 17ème rapport sur la situation démographique de la France, présenté au Parlement par le Ministre de la Solidarité, de la Santé et de la Protection Sociale, INED, Paris 1988, p. 37

4 Masse des salaires, déductions faites de toutes les charges sociales : cotisations des employés + cotisations des employeurs de toutes manières prélevées sur la masse des rémunérations brutes des salariés qui constituent pour les employeurs le coût réel de la main-d'oeuvre employée.

5 Longtemps néfatifs, les taux d'intérêt réels, qui rémunèrent surtout les personnes de plus de 50 ans, sont devenus fortement positifs depuis plus de 15ans et surtout très supérieur aux progrès de production. Ils pèsents désormais sur les salariés et donc sur les familles. Le vieillissement démographique tend ainsi à susciter la hausse des taux d'intérêts réels qui bloquent la croissance économique.

6 Comme c'est actuellement le cas en France depuis plusieurs années.